L’Inde a validé le tir de son missile balistique Agni-4 le 6 août 2026, depuis le site de Chandipur, dans l’État d’Odisha. Doté d’une portée de 4 000 kilomètres, cet engin capable d’emporter une charge nucléaire peut frapper la quasi-totalité du territoire chinois s’il est lancé depuis le nord-est du pays.
Un tir mené par le commandement stratégique
Le lancement a eu lieu depuis l’Integrated Test Range de Chandipur, sous l’autorité du Strategic Forces Command, l’organe chargé de la gestion de l’arsenal nucléaire indien. Le ministère de la Défense a précisé que l’essai avait permis de valider l’ensemble des paramètres opérationnels et techniques du système, sans fournir davantage de détails sur la trajectoire suivie. L’opération fait partie d’une série d’essais routiniers menés par les forces armées indiennes pour vérifier la fiabilité de systèmes déjà déployés, le premier essai utilisateur de l’Agni-4 remontant à décembre 2014.
Long d’une vingtaine de mètres pour un poids au lancement proche de 17 tonnes, le missile repose sur une propulsion à deux étages à propergol solide, une technologie composite introduite pour la première fois avec cette version de la famille Agni. Il peut transporter une charge utile — nucléaire ou conventionnelle — pouvant atteindre 1 000 kilogrammes.
Une précision inférieure à 100 mètres
Le système de guidage embarqué associe un gyroscope laser en anneau à une centrale de navigation inertielle miniaturisée, garantissant selon les données techniques disponibles une marge d’erreur circulaire inférieure à 100 mètres sur la cible. L’engin est déployé à partir d’une plateforme routière mobile à huit roues.
Cette mobilité distingue l’Agni-4 de ses prédécesseurs directs et le positionne comme un maillon intermédiaire entre l’Agni-2, à portée moyenne, et l’Agni-5, dont la portée dépasse les 5 000 kilomètres et qui peut viser Pékin directement. Le programme balistique indien, lancé dans les années 1980 sous contrainte de sanctions internationales consécutives à son premier essai nucléaire de 1974, a mis plus de trente ans avant de produire un système capable de couvrir l’ensemble du territoire chinois depuis le sol indien.
Un essai qui suit l’admission d’un sous-marin nucléaire
Ce tir intervient peu après l’admission au service du troisième sous-marin nucléaire indien, l’INS Aridhaman, désigné S4. L’Agni-4 a d’abord porté le nom d’Agni-2 Prime avant de devenir une version distincte de la famille Agni. L’essai s’ajoute à une liste de lancements réussis menés par l’Inde ces derniers mois, incluant un test de l’Agni-3 en février dernier depuis le même site de Chandipur.
