Donald Trump a reconnu mardi avoir quitté la Turquie sur un appareil différent de celui annoncé officiellement, le mois dernier, en raison d’un risque visant sa sécurité. Le président américain s’est exprimé devant des journalistes à la base Joint Base Andrews, à son retour d’un déplacement dans l’Ohio.
Un transfert organisé sur le tarmac d’Ankara
Le 8 juillet, à l’issue du sommet de l’Otan à Ankara, des caméras avaient capté l’arrivée de Trump à bord de l’ancien modèle d’Air Force One. Un responsable américain, cité anonymement par le Washington Post, affirme pourtant que le président n’a pas effectué le trajet sur cet appareil. Un camion habituellement utilisé pour le ravitaillement des vols aurait servi à l’exfiltrer discrètement vers un second avion, plus petit, un C-32A militaire. L’appareil initial aurait ainsi transporté la presse et une partie du personnel de la Maison-Blanche jusqu’au Royaume-Uni, sans le président à son bord.
Interrogé sur cet épisode, le président américain a expliqué avoir suivi les recommandations de ses équipes de protection sans les remettre en question.
« Il ne s’agissait que d’une décision des Secret Service, je suis simplement ce qu’ils veulent faire »
Il a ajouté avoir reçu peu de détails sur la nature exacte du danger évoqué.
« Je n’ai pas vraiment posé de questions à ce sujet. »
Une menace attribuée à l’Iran
Les informations relayées par la presse américaine évoquent un projet d’assassinat visant le président, lié à l’Iran, pays frontalier de la Turquie. Ce déplacement constituait le premier voyage international de l’avion présidentiel rénové, offert par le Qatar, dont l’équipement en systèmes de sécurité avait déjà suscité des interrogations avant le sommet.
Les journalistes présents à bord de l’appareil-leurre avaient reçu la consigne de garder les stores des hublots fermés, une mesure généralement réservée aux zones de conflit. Le directeur de la communication de la Maison-Blanche, Steven Cheung, a évoqué dans un communiqué transmis à l’AFP des adversaires nombreux des États-Unis visant le président.
« de nombreux ennemis »
Il a précisé que l’administration emploie les moyens à sa disposition pour contrer ces risques.
Trump minimise le danger
Le président a par ailleurs relativisé le risque encouru par les personnes restées à bord de l’avion-leurre, affirmant que l’appareil qu’il occupait lui-même présentait davantage de vulnérabilités. Il a également balayé toute inquiétude personnelle face à l’existence de cette menace, rappelant recevoir régulièrement des signalements de ce type en raison de sa fonction.
L’épisode a ravivé les critiques sur le manque de transparence de l’exécutif : l’opération n’avait jamais été rendue publique avant sa révélation par la presse, plusieurs semaines après les faits. Des responsables démocrates ont réclamé des explications sur l’absence d’information transmise au Congrès concernant cette opération de sécurité.
Depuis les frappes américaines sur des sites nucléaires iraniens l’an dernier, plusieurs signalements de menaces visant des personnalités politiques américaines, dont Trump, ont été rendus publics par les autorités fédérales, sans qu’aucune tentative n’ait abouti sur le sol américain.



