L’Algérie a annoncé une nouvelle mesure contre les Émirats arabes unis, quelques heures après avoir rompu ses relations diplomatiques avec Abou Dhabi. La décision concerne directement les liaisons aériennes entre les deux pays et doit entrer en application dans la nuit du 10 au 11 septembre 2026.
Cette nouvelle étape intervient alors que les relations entre Alger et Abou Dhabi viennent de connaître une brusque dégradation. Le ministère algérien de la Défense nationale a annoncé jeudi 10 septembre que les appareils émiratis seraient désormais concernés par des restrictions d’accès à l’espace aérien algérien.
Les appareils émiratis concernés dès le 11 septembre
À partir de vendredi 11 septembre à 00h00, les aéronefs civils et militaires immatriculés aux Émirats arabes unis ne pourront plus entrer dans l’espace aérien algérien lorsqu’ils sont en provenance ou à destination des Émirats, selon le communiqué du ministère de la Défense.
Une exception a toutefois été prévue pour les vols commerciaux civils émiratis reliant l’aéroport international Houari-Boumediene d’Alger. Ces liaisons pourront continuer jusqu’à la fin de l’année 2026, correspondant à l’échéance du contrat actuellement en vigueur.
La fermeture annoncée ne signifie donc pas un arrêt immédiat de toutes les liaisons aériennes commerciales entre les deux pays. Elle établit une distinction entre les appareils concernés par l’interdiction et les vols commerciaux bénéficiant de cette période transitoire.
Une décision prise après la rupture diplomatique
La mesure aérienne intervient le même jour que la rupture des relations diplomatiques. Le ministère algérien des Affaires étrangères a expliqué qu’Alger avait pris cette décision après avoir « épuisé toutes les voies disponibles pour maintenir les relations bilatérales ».
Le gouvernement algérien n’a pas annoncé de calendrier pour un éventuel rétablissement des relations avec Abou Dhabi. La fermeture annoncée par la Défense constitue ainsi une nouvelle conséquence officielle de la crise entre les deux pays.
Ce type de réaction n’est pas inédit dans la diplomatie algérienne récente. En 2021, Alger avait également pris une décision similaire à l’égard du Maroc, après la rupture de ses relations avec Rabat.
Le précédent marocain et les relations avec Abou Dhabi
L’Algérie avait rompu ses relations diplomatiques avec le Maroc le 24 août 2021. Moins d’un mois plus tard, le 22 septembre, les autorités algériennes avaient annoncé la fermeture de leur espace aérien aux avions civils et militaires marocains ainsi qu’aux appareils immatriculés au Maroc.
Cette mesure reste appliquée depuis lors. Le précédent donne un relief particulier à la décision annoncée aujourd’hui contre les Émirats, puisqu’elle intervient elle aussi après une rupture diplomatique.
Le contexte régional ajoute un autre élément au parallèle. Le Maroc et les Émirats arabes unis entretiennent des relations étroites et ont développé leur coopération dans les domaines politique, économique et de l’investissement. Rabat et Abou Dhabi ont également conclu plusieurs accords bilatéraux au cours des dernières années.
Pour les liaisons commerciales entre Alger et les Émirats, la situation devrait donc rester partiellement ouverte jusqu’à la fin de 2026, date prévue pour la fin du contrat mentionné par le ministère algérien de la Défense.



