Mohammed VI a adressé, le 9 septembre, une lettre de condamnation au roi Abdallah II après des frappes de missiles iraniens contre le territoire jordanien. Le souverain marocain y dénonce une « agression criminelle injustifiée » et réaffirme le soutien inconditionnel de Rabat à Amman. Cette prise de position confirme la ligne diplomatique du royaume chérifien, qui a normalisé ses relations avec Israël fin 2020 via les accords d’Abraham et entretient des liens sécuritaires étroits avec Washington, dans le cadre desquels les États-Unis ont reconnu la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental.
Une nouvelle escalade en Jordanie
Les frappes évoquées par le communiqué du Cabinet royal font suite à une série d’attaques répétées de Téhéran contre le territoire jordanien depuis le déclenchement de la guerre entre l’Iran et Israël au printemps 2026. L’armée jordanienne a fait état de vingt missiles tirés sur le pays le 9 septembre, dont dix-huit auraient été interceptés, deux étant retombés dans des zones désertiques. Le Corps des gardiens de la révolution islamique a revendiqué l’opération, affirmant avoir visé la base aérienne américaine d’Al-Azraq en représailles à une frappe américaine contre des pétroliers iraniens près du détroit d’Ormuz. Des tirs de missiles et de drones iraniens avaient déjà visé le territoire jordanien à plusieurs reprises depuis février, contraignant les forces armées locales, appuyées par des unités américaines, à multiplier les interceptions.
Le contenu du message royal
Le souverain marocain dit avoir suivi l’annonce des frappes avec une vive inquiétude, qu’il attribue à une posture hostile de l’Iran envers la Jordanie et les États du Golfe. Il affirme, selon le communiqué du Cabinet royal, condamner « cette agression criminelle injustifiée » et assure la pleine solidarité du royaume avec Amman, ainsi que son soutien à toutes les mesures prises par les autorités jordaniennes pour garantir la sécurité de leurs citoyens.
Un soutien à replacer dans le jeu régional
Cette déclaration marocaine intervient alors que le royaume figure, depuis 2020, parmi les pays arabes ayant normalisé leurs relations avec Israël sous l’égide de l’administration américaine de l’époque. Rabat a depuis développé une coopération sécuritaire et militaire avec Tel-Aviv, notamment via des acquisitions d’équipements de défense israéliens. La position marocaine face à l’Iran s’aligne ainsi sur les intérêts américains et israéliens dans la région, à rebours de Téhéran, avec lequel Rabat n’entretient plus de relations diplomatiques depuis leur rupture en 2018. La lettre royale a été largement reprise par la presse marocaine dès sa publication, sans qu’aucune réaction officielle iranienne n’ait pour l’instant été rapportée.



