Plusieurs établissements scolaires situés le long des frontières nord du Bénin ont fermé leurs portes en raison de la menace terroriste. Les élèves concernés ont été transférés vers des sites jugés plus sûrs, a confirmé le ministre porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, lors d’une rencontre avec la presse ce jeudi 10 septembre à Parakou.
Une délocalisation justifiée par la menace terroriste
En tournée de proximité dans plusieurs communes du pays, le porte-parole du gouvernement a échangé avec des professionnels des médias dans la salle de réunion de la préfecture de Parakou. Selon lui, la décision de fermer certains établissements répond avant tout à un impératif de protection des enfants. « Les écoles qui ont été fermées, c’est pour le bien des enfants, on a délocalisé », a-t-il déclaré, rappelant que dans plusieurs pays voisins, les établissements scolaires figurent parmi les cibles privilégiées des groupes armés, au même titre que les commissariats.
Le ministre a également souligné le caractère imprévisible de ces attaques. Selon ses propos, le phénomène provient de l’autre côté des frontières et opère par surprise, rendant impossible toute anticipation précise du lieu où une attaque pourrait survenir dans les communes frontalières.
La scolarisation des filles au centre des échanges
Au-delà des questions sécuritaires, le porte-parole du gouvernement est revenu sur la mesure de gratuité de la scolarité des filles dans le secondaire public, décidée en Conseil des ministres le 3 juin 2026 et entrée en vigueur à la rentrée 2026-2027. Wilfried Léandre Houngbédji a évoqué les arbitrages familiaux qui pénalisent souvent les filles lorsque les ressources manquent pour envoyer tous les enfants à l’école. Il a rappelé que cette mesure visait à envoyer un signal fort à la société, les filles disposant des mêmes droits que les garçons et de potentialités parfois supérieures, freinées uniquement par l’absence de conditions favorables à leur réussite.
Le renforcement des cantines scolaires
Le troisième volet des échanges a concerné le programme des cantines scolaires, présenté comme un levier pour maintenir les enfants à l’école, y compris dans les zones affectées à risque. Selon les annonces gouvernementales relayées en amont de la rentrée 2026-2027, le nombre de bénéficiaires de ces cantines doit passer d’environ 1,4 million à 1,9 million d’écoliers à l’échelle nationale. Un dispositif d’urgence a par ailleurs été présenté pour assurer la continuité pédagogique dans les communes touchées par les délocalisations, avec une prise en charge des apprenants et des enseignants déplacés.



