La note souveraine de long terme du Bénin passe de A+ à AA- chez Bloomfield Investment Corporation. L’agence panafricaine a annoncé cette révision le 15 septembre 2026, à l’issue de son processus annuel d’évaluation, en maintenant le pays dans la catégorie « investissement ».
Cette nouvelle notation concerne les engagements de l’État en monnaie locale, donc principalement sa signature sur le marché financier régional. Elle est assortie d’une perspective stable pour le long terme. À court terme, Bloomfield maintient la note A1- et fait passer sa perspective de stable à positive.
Une progression depuis 2020
Le relèvement intervient après plusieurs améliorations successives de l’évaluation du crédit souverain béninois. Bloomfield avait attribué une note A- au pays en 2020, avant de la porter à A en 2021, puis à A+ dans les années suivantes. Le passage à AA- constitue donc un nouveau niveau dans cette trajectoire.
Pour l’agence, la nouvelle appréciation traduit une qualité de crédit élevée et une capacité renforcée de l’État à faire face à ses engagements à long terme. Le maintien dans la catégorie investissement signifie que le Bénin conserve, selon l’échelle de Bloomfield, un niveau de risque compatible avec cette classification.
Cette évolution intervient alors que les autorités poursuivent leurs efforts sur les finances publiques et la mobilisation des ressources. Le budget rectificatif adopté en juin 2026 porte les ressources et les charges de l’État à 4 148,357 milliards de francs CFA. Le déficit budgétaire prévisionnel y est fixé à 3,1 % du produit intérieur brut, tandis que la prévision de croissance reste établie à 7,5 %.
Un effet attendu sur le financement régional
L’amélioration de la notation peut avoir des conséquences sur les conditions auxquelles l’État accède au financement en monnaie locale. Une meilleure appréciation du risque souverain peut renforcer l’intérêt des investisseurs pour les titres publics, même si le coût effectif des emprunts dépend aussi des conditions de marché, des taux d’intérêt et du niveau de liquidité disponible.
Le marché régional constitue un canal important pour le financement public béninois. En octobre 2024, Bloomfield avait déjà relevé la note de long terme du Bénin de A à A+, tout en maintenant une notation de court terme A1- avec une perspective stable.
Des équilibres à préserver
La hausse de la note intervient alors que les finances publiques doivent continuer à absorber plusieurs besoins de dépenses. Les investissements dans les infrastructures, les services sociaux et les secteurs productifs mobilisent des ressources importantes. Les dépenses liées à la sécurité dans le nord du pays constituent également un poste à prendre en compte.
Le déficit prévu pour 2026 doit aussi être replacé dans la trajectoire de consolidation budgétaire annoncée par les autorités. La nouvelle évaluation de Bloomfield intervient ainsi alors que Cotonou doit poursuivre ses investissements tout en maintenant les paramètres budgétaires qui ont contribué à l’amélioration de sa notation.



