« Biens mal acquis » : Ali Bongo rompt le silence pour défendre la mémoire de son père

Ali Bongo Ondimba a mis fin samedi 19 septembre 2026 à plusieurs mois de silence public pour contester les termes employés par la République gabonaise dans le dossier français des « biens mal acquis ». Dans une déclaration vidéo, l’ancien président gabonais s’en prend directement aux autorités actuelles de Libreville.

Une défense centrée sur la mémoire paternelle

Selon l’ancien chef de l’État, le débat judiciaire lui-même n’est pas en cause : ce sont les observations soumises par Libreville qui, à ses yeux, portent atteinte à la mémoire de son père, Omar Bongo Ondimba, décédé en 2009. « Un fils peut accepter que l’on juge l’action politique de son père sans accepter que l’on bafoue sa mémoire », a-t-il déclaré.

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Cette sortie intervient deux jours après une déclaration similaire d’Ali Akbar Onanga Y’Obegue, ancien pilier du régime d’Ali Bongo, qui avait déjà qualifié d’« inacceptable » la position adoptée par l’État gabonais dans cette procédure, lors d’une intervention sur Global Africa Telesud le 16 septembre.

Le point de friction remonte au 14 mars 2023 : sous la présidence même d’Ali Bongo, le Gabon s’était constitué partie civile dans ce dossier. À l’époque, l’objectif affiché était patrimonial — protéger les intérêts de l’État si des détournements venaient à être prouvés — et non de charger la mémoire de l’ancien président.

Une réplique politique immédiate

La prise de parole d’Ali Bongo a suscité une réaction rapide de Serge Abessolo, qui lui a adressé une réplique sévère dès le lendemain. Dans une déclaration intitulée « La mémoire d’un père s’honore par les actes », il oppose à l’ancien président son propre bilan des quatorze années passées au pouvoir. « Honorer la mémoire d’un père se traduit dans les actes posés pour la défendre », a-t-il rétorqué, avant d’interroger directement Ali Bongo sur la place occupée par plusieurs enfants d’Omar Bongo sous son règne.

Une procédure française vieille de quinze ans

L’affaire des « biens mal acquis » a été ouverte en France en 2010, à la suite de plaintes déposées par les ONG Sherpa et Transparency International contre trois chefs d’État africains et leurs familles : Omar Bongo au Gabon, Denis Sassou Nguesso au Congo-Brazzaville et Teodoro Obiang en Guinée équatoriale. Le volet équato-guinéen a connu son épilogue judiciaire en juillet 2021, lorsque la Cour de cassation a définitivement condamné le vice-président Teodorin Obiang à trois ans de prison avec sursis, 30 millions d’euros d’amende et la confiscation de son patrimoine français, dont un hôtel particulier estimé à plus de 100 millions d’euros.

Ce bien reste depuis au cœur d’un contentieux devant la Cour internationale de justice, qui a débouté Malabo de sa demande en septembre 2025. Les volets concernant les familles Bongo et Sassou Nguesso, eux, restent toujours en cours d’instruction, quinze ans après l’ouverture du dossier. Les récentes observations soumises par la République gabonaise, à l’origine du différend entre Ali Bongo et les autorités actuelles, se rattachent à cette procédure toujours active.

Un climat de tensions internes au parti

Cette controverse sur l’héritage mémoriel d’Omar Bongo survient alors qu’Ali Bongo a multiplié les prises de parole ces dernières semaines, entre une longue interview consacrée aux événements du coup d’État d’août 2023 et une déclaration accusant la France d’avoir orchestré sa chute. Elle relance également le débat, déjà ancien, sur le partage de l’héritage familial des Bongo, un sujet qui avait déjà provoqué des remous en 2013 lorsque l’ancien président avait annoncé céder une partie de ses droits successoraux à une fondation dédiée à la jeunesse.

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