Détroit d'Ormuz : une opération secrète menée par les américains révélée par le Financial Times

Le détroit d’Ormuz est resté fermé au trafic commercial pendant quatre mois sans que le grand public en connaisse la véritable raison militaire. Des plongeurs des Navy SEALs ont mené durant cette période une opération clandestine de déminage, révèle le Financial Times.

Une mission menée dans l’obscurité

L’essentiel du travail s’est déroulé à la tombée de la nuit, afin de réduire l’exposition aux tirs iraniens. Sur l’eau, de petites unités progressaient discrètement en canot pneumatique jusqu’aux zones suspectes, pendant qu’en parallèle des drones marins et des engins sous-marins autonomes, munis de capteurs sonar puissants, cartographiaient le fond du détroit à la recherche d’explosifs immergés. Dès qu’un engin était localisé, un plongeur s’en approchait pour y poser une charge, la détonation pouvant aussi être déclenchée par un robot. Aucune perte américaine n’a été rapportée durant l’opération.

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Le capitaine de la Marine Bill Hamblet, qui a longtemps opéré dans le Golfe, a indiqué au Financial Times que la mission reposait sur une force très légère et réduite en effectif. Bryan Clark, expert en guerre des mines à l’institut Hudson, a de son côté rappelé que ce type d’intervention expose fortement les équipes engagées, la lenteur du travail rendant leurs embarcations et hélicoptères vulnérables faute de moyens de défense.

Une contamination déclenchée en février

L’Iran avait revendiqué le minage du détroit après le déclenchement des frappes américano-israéliennes contre son territoire, fin février 2026. L’Organisation maritime internationale a estimé en juin qu’environ 80 mines avaient été disséminées le long des principales routes de navigation, provoquant l’arrêt quasi total du trafic commercial dans cette voie par laquelle transite historiquement près d’un cinquième des exportations mondiales de pétrole.

Le président Donald Trump a affirmé la semaine dernière que la totalité des mines présentes dans les eaux internationales du détroit avait été retirée ou détruite, une version reprise ensuite par l’armée américaine. Fin août, le CENTCOM avait déjà confirmé avoir dégagé les principales routes de transit, précisant que l’effort avait mobilisé des plongeurs de la Marine, des SEALs ainsi que des moyens aériens de l’Armée, de la Marine, de l’Armée de l’air et des Marines. L’amiral Brad Cooper, chef du CENTCOM, a déclaré que les forces américaines avaient travaillé avec méthode et discrétion, sans toutefois préciser le nombre de mines neutralisées.

Un doute persistant sur l’ensemble du détroit

Téhéran conteste cette version des faits. Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a affirmé que seul l’Iran connaît l’emplacement exact des mines posées. Des armateurs et conseillers en sécurité interrogés par le Financial Times se disent confiants quant au nettoyage de la partie sud du détroit, près d’Oman, mais restent prudents sur l’état du reste de la zone.

Les gardiens de la révolution iraniens ont affirmé le 31 août qu’un pétrolier aurait pris feu après avoir heurté deux mines en empruntant une route jugée non autorisée. Aucun impact de mine n’a toutefois été officiellement confirmé par les autorités maritimes depuis le début du conflit, le seul repérage avéré ayant été signalé par un navire d’étude pakistanais en mai.

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