Dette : l'Italie emprunte désormais moins cher que la France, alerte son ex-Premier ministre

Le coût d’emprunt de la France dépasse aujourd’hui celui de l’Italie sur les marchés obligataires. Ce basculement pousse l’ancien président du Conseil italien Mario Monti à alerter sur un risque financier qu’il juge sous-estimé à Paris, dans un entretien accordé à L’Express.

Un renversement inédit sur les marchés obligataires

Les investisseurs exigent désormais un taux d’intérêt plus faible pour prêter à l’Italie qu’à la France. Rome vise un déficit public ramené sous 3 % du PIB d’ici 2026. Mario Monti, économiste et ancien commissaire européen, a pris la tête du gouvernement transalpin en novembre 2011, en pleine crise sur les marchés de la dette. Selon lui, la France ne mènerait pas aujourd’hui de débat public à la hauteur du risque financier qui pèse sur ses finances, une situation qu’il rapproche de celle vécue par l’Italie quinze ans plus tôt.

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Le précédent italien de 2011 comme mise en garde

Début juillet 2011, lors des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, l’écart de taux entre l’Italie et l’Allemagne plafonnait autour de 100 points de base. Il a grimpé tout au long de l’été, jusqu’à atteindre 574 points de base le 9 novembre 2011. Cette flambée a précipité la chute du gouvernement de Silvio Berlusconi et l’arrivée de Mario Monti à la tête d’un exécutif soutenu par la quasi-totalité du Parlement italien, à l’exception de la Ligue du Nord. Mario Monti aurait toujours refusé que son mandat soit qualifié de gouvernement technique, lui préférant la notion de gouvernement d’unité nationale.

Un bras de fer avec Berlin resté dans les mémoires

L’ancien chef du gouvernement italien évoque les tensions de l’époque avec Berlin. La chancelière Angela Merkel et son ministre des Finances Wolfgang Schäuble s’opposaient alors à un assouplissement monétaire de la Banque centrale européenne, par crainte de relâcher la pression budgétaire sur les pays du sud de la zone euro. Mario Monti aurait mobilisé les autres chefs d’État de la zone euro pour faire plier Berlin, avec l’appui du président français François Hollande. La dette publique italienne avait dépassé 120 % du PIB au plus fort de la crise de 2011-2012, un niveau resté depuis une référence dans les comparaisons budgétaires entre pays de la zone euro.

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