Le futur missile balistique intercontinental Sentinel a été assemblé verticalement le 14 septembre 2026 sur un site d’essai de la base de Vandenberg, en Californie, avant les premiers essais en vol prévus en 2027. L’opération a été réalisée avec un exemplaire inerte, sans mise à feu, dans le cadre d’une campagne destinée à vérifier les conditions nécessaires à l’intégration du système.
Baptisée Pathfinder, cette opération a duré quatre mois. Les équipes ont fait venir les différents éléments du missile depuis plusieurs régions des États-Unis avant de reproduire sur le pas d’essai les principales opérations nécessaires à leur assemblage. Le transport spécialisé, les manœuvres avec des grues mobiles, l’installation verticale des différents étages et la vérification des connexions entre les composants ont été examinés au cours de cette campagne.
Une répétition avant les essais en vol
Le test ne consistait donc pas à faire voler le Sentinel. Il s’agissait de vérifier que les équipes et les équipements étaient capables de réunir les différents éléments du missile dans une configuration complète et de reproduire les opérations prévues sur le pas de lancement.
Selon l’US Air Force, cette campagne a permis de vérifier la possibilité d’assembler les trois étages du missile, les éléments de propulsion, la coiffe et les autres composants dans une même configuration. Le système a ensuite été désassemblé après les opérations réalisées sur le site d’essai.
Une autre étape a été franchie en parallèle : le 719th Test Squadron de l’Air Force Test Center a achevé une première revue de conception consacrée aux essais en vol. Cette évaluation devait vérifier que la conception et les essais déjà réalisés répondaient aux exigences fixées pour les performances, la sécurité et la préparation de la campagne de 2027.
Le remplacement du Minuteman III
Le LGM-35A Sentinel doit remplacer le LGM-30G Minuteman III et constituer la future composante terrestre de la triade nucléaire américaine. Sa mise en service initiale reste prévue au début des années 2030. Le programme prévoit aussi de nouveaux silos, centres de lancement, réseaux de communication et autres infrastructures associés au système.
Le changement dépasse donc le missile lui-même. Le système Minuteman III compte plus de 600 installations, dont environ 450 silos, réparties dans cinq États américains, selon le Government Accountability Office. Ces infrastructures devront être remplacées ou adaptées au cours de la transition vers le Sentinel.
Des installations héritées de la guerre froide
Une partie de ces infrastructures est beaucoup plus ancienne que le Minuteman III. Le premier déploiement opérationnel du Minuteman remonte à 1962, et les premiers champs de missiles avaient déjà été construits au début des années 1960. Le National Park Service indique que les travaux du premier champ de missiles Minuteman ont commencé en 1961 et que les premiers missiles ont été placés en alerte à Malmstrom, dans le Montana, en octobre 1962.
À cette époque, chaque groupe de dix silos était relié à un centre de contrôle souterrain, où deux militaires assuraient la surveillance des missiles. Cette organisation a constitué la base du dispositif terrestre américain pendant plusieurs décennies.
Le Sentinel doit donc remplacer une architecture dont certaines composantes remontent à plus de six décennies. Le GAO estime que le programme coûtera au moins 141 milliards de dollars, tandis que les retards du Sentinel obligent l’US Air Force à prolonger l’exploitation du Minuteman III pendant la période de transition.
