Le Canada pourrait franchir une nouvelle étape dans ses relations avec l’Union européenne. Ursula von der Leyen a proposé mercredi 16 septembre que le pays devienne le premier membre associé du bloc européen.
La proposition a été formulée à Strasbourg, devant le Premier ministre canadien Mark Carney, invité au Parlement européen à l’occasion du discours annuel sur l’état de l’Union. La présidente de la Commission européenne souhaite ainsi ouvrir une nouvelle perspective dans les relations entre Ottawa et Bruxelles.
Ursula von der Leyen a déclaré vouloir porter cette relation « au plus haut niveau possible », avant d’évoquer la possibilité de faire du Canada le premier membre associé de l’Union européenne. L’annonce a été suivie d’une longue ovation des eurodéputés en présence de Mark Carney.
Mark Carney doit s’exprimer jeudi 17 septembre devant le Parlement européen, lors d’une séance solennelle. Il est aussi le premier chef de gouvernement étranger à assister au discours sur l’état de l’Union prononcé mercredi par Ursula von der Leyen.
Le Canada sous pression dans ses relations avec les USA
La proposition européenne intervient dans un contexte tendu entre le Canada et les États-Unis. Les relations commerciales entre Ottawa et Washington se sont fortement dégradées ces derniers mois autour des droits de douane.
L’administration de Donald Trump applique des droits de douane de 50 % sur environ 20 milliards de dollars de produits canadiens. Les discussions engagées entre les deux pays n’ont pas permis de régler le différend, conduisant le gouvernement de Mark Carney à préparer de nouvelles mesures tarifaires contre certains produits américains à partir du 8 septembre.
Cette confrontation intervient entre deux économies qui restent très liées. Les États-Unis constituent depuis longtemps le principal débouché commercial du Canada. La dégradation des relations avec Washington pousse toutefois Ottawa à rechercher davantage de partenaires économiques à l’étranger.
Mark Carney a ainsi fixé l’objectif de doubler, au cours des dix prochaines années, la part des échanges canadiens réalisés avec des partenaires autres que les États-Unis. L’Europe occupe une place importante dans cette volonté de diversification.
Le déplacement du Premier ministre canadien intervient justement dans cette période de rapprochement. Ottawa et Bruxelles souhaitent renforcer leur coopération dans plusieurs secteurs, alors que leur accord commercial CETA constitue déjà une base pour leurs échanges.
Une coopération qui pourrait dépasser le commerce
Le projet évoqué par Ursula von der Leyen pourrait concerner plusieurs domaines stratégiques. La sécurité, l’énergie, les matières premières critiques, l’intelligence artificielle, la cybersécurité et l’Arctique figurent parmi les secteurs susceptibles de bénéficier d’une coopération renforcée.
Mark Carney avait lui-même parlé d’une « alliance unique » entre le Canada et l’Europe. Pour Ottawa, le rapprochement avec l’UE intervient donc à un moment où le pays cherche à élargir ses partenariats au-delà du marché américain.
Les relations commerciales entre le Canada et l’Union européenne ont déjà progressé depuis la mise en œuvre provisoire du CETA en 2017. Selon Reuters, les échanges entre les deux partenaires ont augmenté de 81 % entre 2016 et 2025.
Un statut qui reste à définir
La proposition européenne ne signifie pas que le Canada va rejoindre l’Union européenne comme un État membre. Le pays ne participerait donc pas aux institutions communautaires dans les mêmes conditions que les 27 États membres.
Le principal élément à définir concerne le contenu même du statut proposé. La notion de « membre associé » ne figure actuellement pas dans les traités de l’Union européenne. Il faudrait donc déterminer ses droits, ses obligations et les domaines dans lesquels un pays bénéficiant de ce statut pourrait participer à la coopération européenne.
La proposition de von der Leyen constitue ainsi une première ouverture politique. Sa concrétisation dépendra des discussions à venir et de l’accord des États membres de l’Union européenne.




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