Guerre contre l'Iran : la famille d'un soldat américain tué au Koweït exige la publication d'un rapport

Six militaires américains sont morts le 1er mars dans une frappe de drone iranien contre une base au Koweït. Plus de six mois après, la famille de l’un d’eux réclame que l’armée rende publique son enquête interne sur les circonstances de cette attaque, achevée depuis début juillet mais toujours non divulguée.

Le capitaine Cody Khork, officier de la réserve de l’armée américaine, venait de rentrer d’un déploiement en Pologne lorsqu’il a rejoint, avec sa fiancée, le 103rd Sustainment Command basé en Iowa. Il devait y occuper pendant neuf mois le poste d’officier adjoint chargé de la protection des forces à Camp Arifjan, au Koweït.

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Des avertissements répétés avant la frappe

En février, à l’approche de l’opération militaire américaine « Epic Fury », la majorité des militaires stationnés à Camp Arifjan ont été évacués. Khork faisait partie des quelques dizaines de spécialistes redéployés vers un centre d’opérations tactiques au Port de Shuaiba. Le 1er mars, un jour après le début de la guerre contre l’Iran, un drone Shahed iranien a frappé cette position, le tuant ainsi que cinq autres soldats américains.

Selon ses parents, Jim et Stacey Khork, interrogés en exclusivité par CBS News, leur fils avait alerté à plusieurs reprises sa hiérarchie, notamment le général de brigade Clint Barnes, du risque d’une attaque iranienne sur une position située à environ 105 kilomètres de la frontière. Plusieurs sources ont indiqué à CBS News que les renseignements militaires avaient signalé ce danger dès le mois de janvier. Le jour de la frappe, alors que l’unité était à l’abri sous alerte, Khork aurait conseillé au général de ne pas déclarer la fin d’alerte malgré des accalmies. « Un capitaine ne peut dire non au général qu’un nombre limité de fois », a confié son père. Barnes n’a pas répondu aux sollicitations de CBS News.

Une enquête achevée mais non publiée

L’armée américaine a confirmé à la famille Khork que son enquête interne, ordonnée par l’US Army Central et la Third Army pour établir les faits, avait été bouclée début juillet. Elle reste néanmoins non publiée à ce jour. Un porte-parole a invoqué la nécessité de « patience » et le respect de la vie privée des familles endeuillées, dont les briefings officiels sont en cours.

Cette exigence de transparence intervient dans le cadre d’une controverse plus large sur la préparation de l’attaque. Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth avait qualifié dès le lendemain le drone iranien de « squirter », laissant entendre qu’il aurait déjoué les défenses d’une position fortifiée. Un soldat blessé avait pourtant affirmé à CBS News en avril que l’unité n’était pas du tout fortifiée. Des sénateurs démocrates ont depuis ouvert leur propre enquête après que des témoins ont affirmé que les renseignements militaires ciblaient déjà spécifiquement cette position.

Un manque de moyens médicaux dénoncé

D’autres survivants ont par ailleurs rapporté un manque de moyens médicaux sur place. Le major Stephen Ramsbottom estime que le sergent-chef Nicole Amor, l’une des six victimes, aurait pu survivre à ses blessures si un médecin, un poste de secours fixe ou plus d’une ambulance avaient été disponibles. Faute de moyens, les soldats se seraient soignés avec des bandages de fortune avant de réquisitionner des véhicules civils pour transporter les blessés vers des hôpitaux koweïtiens. Le porte-parole du Pentagone, Sean Parnell, avait de son côté assuré en mars que toutes les mesures possibles avaient été prises et que le site disposait de murs de protection de 1,80 mètre.

« Mon fils est mort inutilement », a résumé Stacey Khork, mère de Cody. « Oui, il est mort pour mon pays, c’était un patriote, un héros. Je déteste utiliser le mot meurtre car il est fort, mais notre système judiciaire est fait pour qu’il y ait responsabilité et réparation. »

1 réflexion au sujet de « Guerre contre l'Iran : la famille d'un soldat américain tué au Koweït exige la publication d'un rapport »

  1. L’état de l’armée US est déplorable, n’en déplaise aux groupies otaniennes !
    Faut bien comprendre que l’US Air Force est obligée de recaler des pilotes au motif qu’ils sont trop gros pour rentrer dans le coque-pite du F-35
    🙂 🙂 🙂 🙂 🙂 🙂 🙂 🙂 🙂 🙂 🙂

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