Le budget américain consacré au contrôle de l’espace atteindra environ 21 milliards de dollars pour l’exercice fiscal 2027. Ce montant représente une hausse de 158 % par rapport à 2026, l’essentiel de cette augmentation restant classifié.
Cette accélération budgétaire intervient après plusieurs mois de manœuvres orbitales attribuées à la Chine. Le 22 juin 2026, l’avion spatial sans pilote Shenlong a libéré un objet non identifié en orbite basse, un événement repéré par la société américaine de surveillance LeoLabs grâce à son radar installé en Nouvelle-Zélande. Selon des données rendues publiques début septembre par l’US Space Force, ce même objet se serait ensuite approché d’un second satellite chinois, l’aurait contourné, puis serait retourné se positionner près de l’avion spatial d’origine.
Une arme terrestre déjà en service
Trois brouilleurs baptisés Meadowlands, produits par l’industriel L3Harris Technologies, ont rejoint l’arsenal de la Space Force depuis juin. Leur fonction : couper à distance les liaisons de satellites ennemis depuis le sol, sans recourir à une frappe en orbite. Le général Stephen Whiting, à la tête de l’US Space Command, a résumé la doctrine américaine lors d’une conférence en avril : « Nous devons être prêts au conflit dans l’espace. Et si la dissuasion échoue, nous combattrons et nous gagnerons ».
Le déploiement de ce type d’arme s’accompagne d’un renforcement du maillage de surveillance. En mai 2026, l’US Space Force a étendu son réseau de détection en Australie, une infrastructure chargée de suivre les satellites et débris en orbite géostationnaire, où opèrent les systèmes militaires de communication et d’alerte américains.
Un écart de capacités jugé préoccupant
Le général B. Chance Saltzman, chef des opérations spatiales, a fixé comme objectif la domination orbitale américaine, un mandat fixé selon lui par le secrétaire à la Défense Pete Hegseth. Un rapport de la commission du Congrès US-China Economic and Security Review, publié en novembre, recensait une flotte satellitaire chinoise opérationnelle dépassant 1 060 unités mi-2025, dont plusieurs centaines dédiées au renseignement. Pékin viserait 140 lancements pour la seule année 2026.
Les capacités chinoises déjà recensées par les autorités américaines incluent des missiles antisatellites à ascension directe, des lasers au sol, des brouilleurs et des satellites manœuvrables comme le SJ-21, capable de saisir ou déplacer d’autres engins en orbite. La Défense Intelligence Agency estime que la Chine chercherait à terme à atteindre l’orbite géosynchronaire, située à environ 36 000 kilomètres, où circulent les satellites stratégiques les plus sensibles.
Une rivalité ancienne, un précédent de 2007
La menace antisatellite n’est pas nouvelle : la Chine avait détruit un satellite météo hors service par un tir direct en 2007, générant un nuage de débris toujours surveillé aujourd’hui. Le Shenlong, engagé depuis février 2026 dans sa quatrième mission, reste pour sa part le pendant chinois du X-37B américain, dont la mission la plus longue a duré 909 jours. Aucun des deux programmes n’a jamais communiqué officiellement sur la nature exacte de ses charges utiles.
