Kim Jong-un intègre à son arsenal nucléaire un destroyer capable de frappes de rétorsion

Un nouveau destroyer nord-coréen de 5 000 tonnes, le Kang Kon, a rejoint dimanche le dispositif de riposte nucléaire de la Corée du Nord, lors d’une cérémonie de mise en service à Wonsan, sur la côte est du pays. Kim Jong-un, présent à l’événement, a assuré que le navire pourrait délivrer des « frappes de rétorsion anéantissantes », selon l’agence officielle KCNA.

Un navire présenté comme une arme de dissuasion

Le dirigeant nord-coréen a affirmé que le moment était venu pour son pays d’exercer sa souveraineté en mer et sous l’eau. Le Kang Kon devient le second navire de sa catégorie à entrer en service, trois mois après le Choe Hyon, commissionné sur la côte ouest du pays. KCNA n’a pas précisé si le bâtiment transporterait effectivement des têtes nucléaires, mais a indiqué qu’il partageait les mêmes systèmes d’armement que son navire jumeau — missiles balistiques et de croisière à capacité nucléaire, armements antiaériens et antinavals.

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Kim Jong-un a présenté ce déploiement comme un signal adressé aux adversaires de Pyongyang, dans un contexte de modernisation accélérée de la marine nord-coréenne. Il a également annoncé la poursuite de la construction de nouvelles bases navales sur la côte est ainsi que la création de nouvelles unités et classes de navires de guerre. Une nouvelle étape du programme naval devrait être dévoilée d’ici huit mois, a-t-il précisé.

Un lancement marqué par un accident majeur

Le parcours du Kang Kon avant sa mise en service a été chaotique. Le navire s’était renversé lors d’une première tentative de mise à flot en mai 2025, à Chongjin, un incident que Kim Jong-un avait alors qualifié d’« acte criminel ». Plusieurs cadres du Parti des travailleurs, impliqués dans la supervision de la production d’armement, avaient été interpellés après cet échec. Le destroyer avait finalement été réparé et relancé un mois plus tard, avant de subir de nouveaux essais en mer, dont des tirs de missiles de croisière, au cours de l’été. Le nom du navire rend hommage à un général nord-coréen tué durant la guerre de Corée (1950-1953), qui avait dirigé l’état-major général de l’armée populaire coréenne après la fondation du pays.

Une accélération du programme naval nucléaire

Le Kang Kon s’inscrit dans un plan quinquennal de développement militaire du Parti des travailleurs, qui prévoit la construction de deux destroyers de plus de 5 000 tonnes par an, ainsi que des croiseurs de 10 000 tonnes dans les années à venir. Des responsables et experts sud-coréens estiment que le Choe Hyon, classe dont dérive le Kang Kon, aurait bénéficié d’une assistance russe, dans un contexte de rapprochement militaire croissant entre Pyongyang et Moscou. Certains analystes émettent toutefois des doutes sur la pleine opérationnalité de ces navires.

Photographiée par KCNA, la cérémonie de Wonsan s’est déroulée en présence de l’épouse de Kim Jong-un, Ri Sol-ju, et de sa fille Kim Ju-ae, dont la présence répétée lors d’événements militaires alimente les spéculations sur un rôle de succession au sein du régime.

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