Le Burkina Faso va débourser 104 milliards FCFA pour atteindre 70 % d’électrification en 2030

Cent quatre milliards de francs CFA seront mobilisés par le gouvernement burkinabè pour étendre le réseau électrique national d’ici 2030. Le financement, validé lors du Conseil des ministres du jeudi 10 septembre 2026 à Bobo-Dioulasso, doit porter le taux d’électrification du pays à 70 %.

Sur le continent africain, l’accès à l’énergie demeure un obstacle structurel au développement : plus de 600 millions de personnes restent privées d’électricité, un chiffre qui recouvre de fortes disparités régionales. En Afrique subsaharienne, le taux d’électrification plafonnait à environ 53 % en 2023, allant de 94 % au Gabon à seulement 5 % au Soudan du Sud, contre plus de 99 % en Afrique du Nord. Selon l’Agence internationale de l’énergie, l’électrification intégrale du continent nécessiterait environ 15 milliards de dollars par an d’ici 2035, alors que moins de 2,5 milliards ont été engagés en 2023. C’est dans ce cadre que le Burkina Faso engage un nouveau chantier de financement pour combler son propre retard énergétique.

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Un rapport adopté en Conseil des ministres

La session hebdomadaire, présidée par le président du Faso Ibrahim Traoré, a validé un rapport autorisant le financement d’initiatives sectorielles destinées à accroître la capacité énergétique du pays. Le montant du projet dépasse 104 milliards FCFA, selon les informations communiquées à l’issue de la réunion par le ministre porte-parole du gouvernement, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo.

Ce dossier venait s’ajouter à d’autres décisions examinées le même jour, dont l’adoption d’un guide méthodologique pour la description des postes de travail dans l’administration publique, portée par le ministère des Serviteurs du Peuple.

SONABEL et Faso Vêenem au centre du dispositif

Deux structures se partageront les fonds : la Société nationale d’électricité du Burkina (SONABEL) et l’Agence Faso Vêenem, récemment mise en place pour appuyer les projets d’extension du réseau. Le ministre de l’Énergie, des Mines et des Carrières, Yacouba Zabré Gouba, a précisé que l’enveloppe servira à renforcer les capacités opérationnelles des deux entités afin d’atteindre l’objectif fixé pour 2030 et de réduire la dépendance énergétique du pays.

« Il s’agira également de mettre à la disposition de la Société nationale d’électricité et de l’Agence Faso Vêenem des équipements et des infrastructures nécessaires pour leur permettre d’assurer l’extension des réseaux de transport et de distribution », a déclaré le ministre Gouba à l’issue du Conseil.

Un fossé rural-urbain encore marqué

L’ampleur du défi ressort des chiffres publiés dans le Pacte national de l’énergie 2026-2030 : le taux d’électrification en milieu rural n’atteignait que 10,21 % en 2024, contre 7,71 % l’année précédente, alors que les villes affichaient déjà 87,83 % de couverture la même année. L’objectif national global reste fixé à 34,2 % de la population raccordée en 2024, un chiffre que le nouveau financement doit contribuer à faire progresser vers les 70 % annoncés, voire les 90 % visés à terme par le Pacte national de l’énergie.

À titre de comparaison historique, le pays visait déjà un accès universel à l’électricité à l’horizon 2025 dans le cadre d’engagements régionaux pris au début des années 2020. Le nouveau projet de 104 milliards FCFA marque ainsi une tentative de rattrapage face à un objectif déjà repoussé une fois. La mise en œuvre concrète des travaux financés par cette enveloppe n’a pas encore été détaillée par les autorités.

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