Les Etats-Unis aident à démanteler un vaste réseau chinois d’arnaques en Afrique de l’Est

Les autorités américaines ont participé au démantèlement de 13 centres d’arnaque en ligne à Madagascar, avec l’arrestation d’environ 500 personnes. L’opération, menée avec les autorités malgaches, s’est déroulée au cours des deux dernières semaines et a notamment permis aux enquêteurs d’exploiter les données de plus de 3 200 appareils électroniques.

La Scam Center Strike Force, unité du ministère américain de la Justice spécialisée dans la lutte contre les réseaux d’arnaques liés aux cryptomonnaies, a envoyé des enquêteurs sur place pour appuyer les investigations. Depuis sa création en novembre 2025, cette unité affirme avoir contribué au gel ou à la saisie d’environ 938 millions de dollars d’actifs numériques liés au blanchiment de fonds provenant de centres d’arnaque.

Une trentaine de dirigeants chinois dans le viseur

L’enquête américaine ne porte pas seulement sur les personnes arrêtées à Madagascar. Washington cherche également à identifier les responsables des structures ciblées. La procureure fédérale du District de Columbia, Jeanine Pirro, a indiqué qu’une enquête avait été ouverte sur au moins 30 dirigeants chinois liés à ces centres. Selon elle, plusieurs d’entre eux ont rapidement été rapatriés en Chine par les autorités chinoises.

Le ministère malgache de la Justice a, de son côté, annoncé le transfert vers la Chine d’une première vague de 50 ressortissants chinois condamnés à Madagascar pour des infractions liées aux escroqueries en ligne. Ils doivent continuer à purger leurs peines dans des établissements pénitentiaires chinois.

Xinbi Guarantee sanctionnée par les États-Unis

L’opération intervient alors que Washington s’attaque également aux infrastructures numériques et financières utilisées par ces réseaux. Le Trésor américain a annoncé des sanctions contre Xinbi Guarantee, une plateforme clandestine accessible sur Telegram, ainsi que contre deux entités accusées de soutenir ses activités. Le ministère de la Justice a parallèlement fait saisir des canaux Telegram liés à la plateforme et bloqué près de 52 millions de dollars en cryptomonnaies. Xinbi permet notamment à des réseaux criminels de trouver des services utiles à leurs opérations et au blanchiment des fonds issus des escroqueries.

Concrètement, les opérateurs de ces centres contactent leurs victimes en ligne, les attirent notamment vers de fausses plateformes d’investissement, puis récupèrent leur argent. Les fonds peuvent ensuite être transférés en cryptomonnaies à travers différents services pour en dissimuler l’origine.

Un précédent à 15 milliards de dollars

Les centres d’arnaque en ligne se sont fortement développés en Asie du Sud-Est, notamment en Birmanie et au Cambodge. Des milliers de personnes y sont parfois contraintes de participer à des escroqueries numériques visant des victimes dans plusieurs pays. Les revenus générés par ces activités sont estimés à près de 40 milliards de dollars par an, dont environ 12 milliards de dollars provenant de victimes américaines, selon les chiffres cités par Jeanine Pirro.

L’offensive américaine contre ces réseaux avait déjà pris une nouvelle dimension en octobre 2025, avec la saisie d’environ 15 milliards de dollars en bitcoins liés au réseau cambodgien Prince Group, dirigé par Chen Zhi. Cette confiscation avait été présentée comme la plus importante jamais réalisée par le ministère américain de la Justice. Les autorités américaines indiquent enfin que le président Donald Trump a été informé de l’avancée des opérations contre ces réseaux de fraude en cryptomonnaies.

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