Le président américain Donald Trump a refusé jeudi 10 septembre 2026 de lancer des frappes contre les Houthis au Yémen, malgré deux demandes formulées le même jour par le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane. L’information, révélée par Axios et attribuée à deux responsables américains, intervient alors que les forces houthies progressent vers le détroit de Bab el-Mandeb.
Selon Axios, MBS aurait sollicité à deux reprises une intervention militaire américaine contre le mouvement soutenu par l’Iran. Donald Trump aurait rejeté cette demande. Des responsables américains cités par le média ont indiqué que Washington ne prévoyait pas, pour le moment, d’engager directement ses forces contre les Houthis. Reuters précise ne pas avoir pu vérifier indépendamment ces informations dans l’immédiat.
Washington veut éviter un nouveau front
La décision américaine s’expliquerait par les priorités militaires fixées par Donald Trump. Selon Axios, des responsables américains auraient indiqué à leurs homologues saoudiens que les forces américaines doivent rester concentrées sur l’Iran et sur la sécurisation du détroit d’Ormuz, sans ouvrir un autre front au Yémen.
Cette ligne intervient alors que la situation s’est rapidement dégradée sur la façade de la mer Rouge. Les Houthis se sont emparés de Mokha, port stratégique du littoral yéménite, avant d’atteindre l’île de Perim, située à l’entrée du détroit de Bab el-Mandeb, selon Reuters. Cette avancée renforce leur position sur une route maritime importante pour les échanges internationaux et les exportations énergétiques.
L’amiral Brad Cooper, commandant du Commandement central américain, s’est rendu jeudi en Arabie saoudite pour des discussions de coordination, selon Axios. Washington chercherait ainsi à renforcer son soutien à Riyad sans prendre directement part aux opérations contre les Houthis.
Trump avait pourtant soutenu Riyad en juillet
Le refus actuel tranche avec la position adoptée par Donald Trump quelques semaines plus tôt. Le 10 juillet, Mohammed ben Salmane avait sollicité son soutien pour une opération contre les Houthis. Le président américain avait alors donné son feu vert, selon deux responsables américains cités par Axios. Cet appui avait précédé les frappes saoudiennes contre l’aéroport de Sanaa.
Cette séquence avait provoqué une nouvelle escalade entre Riyad et les Houthis. Le mouvement avait ensuite lancé des attaques de représailles contre l’Arabie saoudite, tandis que la confrontation menaçait de remettre en cause la trêve informelle qui avait réduit les combats directs entre les deux camps depuis 2022.
La situation a depuis évolué. Axios rapportait fin juillet que l’Arabie saoudite considérait alors pouvoir gérer elle-même la question houthie et ne souhaitait pas une implication américaine directe. La nouvelle demande de MBS auprès de Donald Trump marque donc un changement de posture de Riyad face à l’avancée des Houthis.
La réponse américaine reste toutefois limitée au refus d’une intervention directe. Washington continue de coordonner ses actions avec l’Arabie saoudite, alors que la progression des Houthis vers Bab el-Mandeb fait peser de nouvelles tensions sur la navigation en mer Rouge.



