Trois réunions techniques se sont succédé en une semaine à la Cédéao, entre fin août et le 7 septembre, toutes consacrées à un seul dossier : la mise en place de l’ECO, la future monnaie commune ouest-africaine. La dernière en date, la 14ᵉ session du Conseil de convergence, tenue à distance ce lundi, a passé en revue les conclusions des travaux menés par les experts et les gouverneurs des banques centrales membres.
Un calendrier technique resserré à l’approche de 2027
Le Conseil de convergence s’est appuyé sur le rapport de la 68ᵉ réunion du Comité des gouverneurs des banques centrales, tenue le 4 septembre, elle-même consécutive à la 3ᵉ réunion conjointe du Comité technique sur les politiques macroéconomiques de la Commission de la Cédéao et du Comité technique sur les affaires économiques et monétaires de l’Agence monétaire ouest-africaine, organisée du 31 août au 2 septembre. Ces trois rencontres ont porté sur les performances économiques des pays membres, l’état de leur convergence et les conditions encore à remplir avant l’introduction de la monnaie unique.
Selon la Cédéao, l’échéance de 2027 reste jugée réalisable, mais les arbitrages les plus sensibles — régime de change, politique monétaire commune, modèle de future banque centrale — n’ont pas encore été tranchés. Le rythme des consultations s’est nettement accéléré depuis l’installation de la nouvelle Commission, début septembre.
Un dossier confié à la nouvelle présidence sénégalaise
Cette accélération technique intervient quelques jours après l’entrée en fonction du général Birame Diop à la tête de la Commission de la Cédéao, le 1er septembre. Le 27 août à Dakar, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, président en exercice de l’organisation, avait reçu le général Diop pour évoquer les priorités de son mandat 2026-2030, parmi lesquelles figure en bonne place le lancement de l’ECO.
L’idée d’une monnaie partagée pour l’Afrique de l’Ouest n’a rien de récent : elle accompagne la Cédéao depuis sa fondation en 1975, avec un premier programme de coopération monétaire adopté dès 1987. Le nom « Eco » n’a été retenu qu’en juin 2019, pour un lancement alors fixé à 2020 — une échéance jamais tenue, tout comme les suivantes. Lors du sommet des chefs d’État de juillet dernier à Lungi, en Sierra Leone, l’organisation avait confirmé viser 2027, en optant cette fois pour une entrée en vigueur progressive, limitée aux pays remplissant les critères de convergence.
Des divergences de fond encore non résolues
Le projet reste suspendu à des équilibres délicats entre pays membres. Cinq États — Bénin, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Sénégal et Togo — partagent déjà le franc CFA au sein de l’Uemoa, tandis que d’autres, dont le Nigeria, conservent leur propre monnaie et une politique de change distincte, ce qui complique l’harmonisation régionale. Le retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger, regroupés depuis 2024 au sein de l’Alliance des États du Sahel, a par ailleurs ramené la Cédéao à douze pays membres — une donnée qui pèse sur la représentativité économique du futur bloc monétaire, même si elle n’a pas été évoquée lors des réunions de la semaine dernière.
