Moyen-Orient : des soldats américains dénoncent des dégâts cachés au public après les frappes iraniennes

Des militaires américains déployés au Koweït et en Arabie saoudite ont transmis en exclusivité à la chaîne CBS News des clichés inédits révélant l’ampleur des destructions subies par plusieurs bases américaines lors des frappes de missiles et de drones iraniens. Les auteurs de ces images ont choisi de rester anonymes, invoquant les restrictions strictes imposées par l’armée sur toute communication publique concernant les dommages subis.

Ces révélations surviennent alors qu’un accord de cessez-le-feu avait pourtant été signé à distance le 17 juin dernier par les présidents Donald Trump et Massoud Pezeshkian, prévoyant une trêve de 60 jours, la réouverture du détroit d’Ormuz et l’ouverture de négociations sur le programme nucléaire iranien. Ce protocole n’a toutefois pas empêché la reprise des hostilités dans les semaines suivantes.

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Des installations stratégiques touchées

L’un des clichés les plus marquants a été pris sur la base aérienne de Prince Sultan, en Arabie saoudite. Il montre un avion Boeing E-3 Sentry dont l’arrière du fuselage a été directement touché, la queue de l’appareil séparée de la carlingue calcinée. Cette section abritait le radar rotatif utilisé pour la surveillance aérienne. D’autres images, prises à Camp Buehring, une zone de transit majeure pour les troupes terrestres américaines dans le désert koweïtien, montrent des baraquements éventrés et des véhicules détruits. À proximité, des ouvrages en béton armé, initialement destinés à contenir des tirs d’obus au sol, n’ont pas empêché les impacts venus des airs.

Selon un militaire cité par CBS News, « il s’agit de dégâts majeurs sur nos bases qui n’ont pas été communiqués au public américain ». Il a ajouté que les soldats déployés « restent là, les yeux fermés, à recevoir des coups au visage ».

Une escalade continue depuis février

Le conflit entre Washington et Téhéran s’est intensifié à partir du 28 février 2026, avec une première vague de frappes iraniennes visant simultanément des bases américaines au Koweït, à Bahreïn, en Irak et dans plusieurs pays du Golfe. Malgré la trêve de juin, de nouvelles attaques ont eu lieu début septembre : l’armée iranienne a revendiqué le 3 septembre des frappes contre la base d’Ahmad al Jaber au Koweït et la base d’Al Minhad aux Émirats arabes unis, en représailles à de nouvelles opérations américaines contre des cibles iraniennes menées le 1er septembre. Selon le Commandement central américain (CENTCOM), les frappes iraniennes ont visé des positions au Koweït, à Bahreïn, au Qatar, aux Émirats arabes unis, en Arabie saoudite, en Irak, à Oman et en Jordanie depuis le début du conflit.

Un rapport de l’inspecteur général du Pentagone publié cette semaine évalue les pertes matérielles américaines liées à ces attaques à un montant pouvant atteindre 3,7 milliards de dollars, un chiffre qui n’apparaît dans aucune communication officielle du Pentagone à ce jour.

Un silence qui interroge

Le CENTCOM n’a pas confirmé publiquement l’ampleur des dommages révélés par ces photographies. Les militaires ayant transmis les images à CBS News affirment que les restrictions de communication en vigueur au sein de l’armée américaine empêchent toute transparence sur la réalité du terrain, dix mois après le début des hostilités et trois mois après la signature du protocole de cessez-le-feu.

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