La Corée du Nord a réaffirmé jeudi 24 septembre 2026 qu’elle ne renoncerait pas à ses armes nucléaires, quelques heures après l’appel du président sud-coréen Lee Jae Myung en faveur d’une péninsule débarrassée de l’arme atomique. La ministre nord-coréenne des Affaires étrangères, Choe Son Hui, a déclaré que le statut nucléaire de son pays resterait « irréversible dans tous les cas ».
Cette position intervient alors que Séoul demande l’arrêt du développement nucléaire et balistique nord-coréen. Devant l’Assemblée générale des Nations unies, Lee Jae Myung avait appelé à mettre fin aux progrès supplémentaires des capacités militaires de Pyongyang afin de parvenir à terme à une péninsule coréenne sans armes nucléaires.
Dans son communiqué relayé par l’agence officielle KCNA, Choe Son Hui a également affirmé que la Corée du Nord conserverait son arsenal atomique « pour toujours ». Elle a ainsi rejeté l’objectif de dénucléarisation défendu par Séoul et ses alliés.
Des capacités nucléaires qui continuent de progresser
La déclaration intervient alors que les activités observées sur les installations nucléaires nord-coréennes montrent une poursuite du développement du programme.
Dans un rapport présenté à la conférence d’examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) en 2026, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) indique que le programme nucléaire nord-coréen a continué de s’étendre depuis 2022. L’agence relève des signes compatibles avec le fonctionnement du réacteur expérimental de 5 MW de Yongbyon, ainsi qu’avec des activités de retraitement et d’enrichissement de l’uranium.
L’AIEA a aussi identifié des activités au complexe de Kangson, près de Pyongyang, associé à l’enrichissement d’uranium. Elle a observé la construction, à Yongbyon, d’un bâtiment présentant des caractéristiques similaires à celles de l’installation d’enrichissement de Kangson. L’agence précise toutefois qu’elle ne dispose plus d’un accès direct aux installations nord-coréennes et qu’elle fonde ses évaluations sur des images satellitaires et des informations accessibles publiquement.
En septembre 2026, l’AIEA a également fait état d’une nouvelle installation d’enrichissement à Yongbyon susceptible d’accueillir jusqu’à 28 cascades de centrifugeuses, ainsi que de l’extension d’une installation à Kangson.
Environ 50 ogives déjà assemblées
Les estimations disponibles donnent une autre dimension à la déclaration de Pyongyang. Selon le Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI), la Corée du Nord disposait d’environ 50 ogives nucléaires assemblées en janvier 2025. L’institut estimait alors que les matières fissiles disponibles pourraient permettre d’atteindre un total allant jusqu’à 90 ogives, tout en soulignant l’incertitude inhérente à ces estimations.
Le SIPRI indique aussi que Pyongyang poursuit l’augmentation de sa production de matières fissiles. Dans son édition 2026, l’institut estime désormais que la Corée du Nord pourrait avoir assemblé environ 60 ogives et disposer de suffisamment de matières fissiles pour en produire au moins 30 supplémentaires.
Sur le plan militaire, Pyongyang a aussi annoncé jeudi avoir testé, le 22 septembre, des lance-roquettes multiples guidés de 240 mm modernisés, avec une portée annoncée de 115 kilomètres.
