Plaza Athénée : le parcours entre Bamako et Brazzaville d'Oumar Gambi, la victime du casse

Deux hommes ont escaladé la façade du Plaza Athénée dans la nuit du 8 au 9 septembre pour dérober près d’un million d’euros de bijoux à un client de l’hôtel. La victime, Oumar Gambi, un homme d’affaires malien de 39 ans, a surpris les cambrioleurs avant leur fuite par les toits, selon les informations rapportées par Afriquinfos. Le butin comprend une montre Richard Mille estimée à 636 000 euros. L’établissement de l’avenue Montaigne, dans le 8e arrondissement de Paris, n’en est pas à son premier incident : la bijouterie Harry Winston, installée sur la même avenue, avait perdu plus de 80 millions d’euros de bijoux lors d’un braquage en 2008.

L’enquête a été confiée à la Brigade de répression du banditisme, chargée d’exploiter les images de vidéosurveillance du palace pour identifier les deux hommes, toujours en fuite. Aucune interpellation n’a été annoncée à ce stade.

Une célébrité discrète au Mali

Oumar Gambi est surtout connu sous le surnom de « Barouni Gambi » ou par ses initiales « OG » dans son pays d’origine. Né en août 1987, cet entrepreneur de 39 ans jouit d’une notoriété particulière au Mali, où plusieurs artistes lui ont consacré des chansons, dont la star malienne Sidiki Diabaté. Une source malienne citée par Afriquinfos évoque une piste privilégiée par l’homme d’affaires lui-même : selon lui, la fuite d’informations sur son lieu de séjour à Paris viendrait de son propre entourage. Contacté par le média, il n’a pas souhaité réagir.

Ses affaires en France remontent à octobre 2024, avec la création d’une société civile immobilière, la SCI Kinz, domiciliée à Saint-Denis et spécialisée dans la location de biens immobiliers. Il en est le gérant et l’associé, aux côtés de deux autres personnes identifiées dans les registres du commerce.

Un entrepreneur ancré dans le sérail congolais

Le volet le plus lucratif de sa trajectoire s’est construit loin de Bamako. Installé au Congo, l’entrepreneur développe des activités dans le négoce pétrolier ainsi que dans l’immobilier. Il a fondé la structure de services Global Holding à Brazzaville en 2023, avant de dupliquer ce modèle en France l’année suivante avec sa SCI.

Plusieurs sources maliennes rapportées par Afriquinfos décrivent Oumar Gambi comme « proche d’une partie du clan » du président Denis Sassou Nguesso, à la tête du Congo depuis plus de quarante années cumulées. Le chef d’État congolais, âgé de 82 ans, est visé par des soupçons de détournement de fonds publics dans l’affaire dite des « biens mal acquis ». Une source proche de l’homme d’affaires évoque un réseau de relations étendu dans l’entourage présidentiel, sans que ces liens n’aient fait l’objet de confirmation officielle. Ce maillage entre commerce et cercles politiques reste fréquent en Afrique centrale et de l’Ouest, où des entrepreneurs opérant dans les secteurs pétrolier et immobilier bâtissent leur influence à la faveur de connexions avec le pouvoir en place.

Un précédent resté dans les mémoires

Le vol subi par Oumar Gambi ravive le souvenir d’un autre casse retentissant survenu dans un hôtel parisien : celui visant l’Américaine Kim Kardashian en octobre 2016. Dans la nuit du 2 au 3 octobre de cette année-là, des hommes cagoulés et déguisés en policiers avaient fait irruption dans sa chambre du No Address Hotel, rue Tronchet, la ligotant et la menaçant d’une arme avant de s’emparer d’un butin estimé à près de dix millions de dollars, dont une bague de fiançailles offerte par Kanye West évaluée à quatre millions d’euros. Un tribunal parisien a accordé, le 15 septembre 2026, un euro symbolique de dédommagement à Kim Kardashian, conformément à sa demande, à l’issue du procès des dix suspects, surnommés les « papys braqueurs » en raison de leur âge moyen d’une soixantaine d’années.

Le vol visant Oumar Gambi ne comporte ni séquestration ni usage d’arme, à la différence de ce précédent. Les deux hommes seraient parvenus à atteindre le septième étage du Plaza Athénée en s’agrippant à la façade, avant de s’introduire par une baie vitrée restée ouverte et de s’échapper par les toits une fois surpris par leur victime. Le palace, propriété du groupe Dorchester Collection, dispose de 154 chambres et 54 suites régulièrement occupées par une clientèle internationale fortunée, considérée comme l’une des mieux protégées de la capitale.

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