Dix mois après avoir été renversé par un putsch, l’ex-président Umaro Sissoco Embaló, en exil, a annoncé le 28 septembre son retour prochain comme candidat à la présidentielle du 6 décembre. Réfugié au Maroc, il sera de retour « au bercail », le 4 octobre selon les informations de Jeune Afrique.
Le coup d’État du 26 novembre 2025
Le 26 novembre, à la veille de l’annonce des résultats provisoires des élections présidentielle et législatives, des militaires ont renversé Embaló et suspendu le processus électoral. Le président sortant et son principal rival, Fernando Dias da Costa, s’étaient tous deux proclamés vainqueurs. Le général Horta N’Tam s’est ensuite autoproclamé président de transition. Il avait quitté le pays dès le lendemain, d’abord pour le Sénégal.
Un pays transformé
Son retour prochain intervient alors que le paysage politique du pays est remodelé. Le pouvoir en place a organisé le 30 août un référendum, et la nouvelle Constitution, qui instaure un régime présidentiel fort, a été approuvée à 70 %. La Charte de la Transition interdit par ailleurs au général N’Tam de se présenter.
Rien ne s’oppose juridiquement à ce retour. L’ancien président Embaló n’a jamais signé de document renonçant au pouvoir. Le général N’Tam avait déclaré que chaque Guinéen est libre de rentrer s’il n’a rien à se reprocher. L’opposition, elle, s’inquiète : Domingos Simões Pereira, président du PAIGC, estime que tout semble orchestré pour exclure les autres candidats et favoriser la reprise du pouvoir par Embaló. Umaro Sissoco Embaló entend reprendre sa place dans le jeu politique, à l’approche du scrutin censé marquer le retour à l’ordre constitutionnel en Guinée-Bissau.
