Des submersibles russes ont été suivis ce printemps près du Svalbard alors qu’ils simulaient le déploiement d’une technologie destinée à neutraliser des câbles sous-marins. Une opération menée par le Royaume-Uni, la Norvège et les États-Unis a empêché les bâtiments de mener leur exercice jusqu’à son terme, selon deux responsables occidentaux cités par Reuters.
Près de l’archipel du Svalbard, dans l’Arctique, les forces occidentales ont interrompu une opération d’entraînement menée par des moyens sous-marins russes. D’après Reuters, l’exercice impliquait le GUGI, la structure russe spécialisée dans les opérations sous-marines profondes, et portait sur une technologie sophistiquée susceptible de neutraliser des câbles sous-marins sans laisser de traces facilement identifiables.
L’opération a été menée au printemps 2026. Des submersibles capables d’évoluer à grande profondeur auraient été utilisés pour simuler le déploiement de ce dispositif. Reuters précise qu’il ne s’agissait pas d’un sabotage effectivement réalisé : aucun câble n’a été endommagé au cours de l’exercice rapporté.
Une intervention britannique, norvégienne et américaine
Le Royaume-Uni, la Norvège et les États-Unis ont participé à la surveillance de l’activité russe. Selon deux responsables occidentaux s’exprimant sous couvert d’anonymat, les bâtiments russes ont été localisés puis confrontés en mer. Ils n’ont finalement pas pu achever leur exercice et ont quitté la zone.
L’affaire intervient alors que certains responsables américains estiment que Moscou pourrait chercher à éprouver la réaction de l’OTAN à une attaque contre des infrastructures essentielles. Trois responsables américains cités par Reuters évoquent la possibilité que des opérations contre les câbles sous-marins puissent jouer un rôle dans un scénario destiné à tester la portée de l’article 5 du traité de l’Alliance. Cette hypothèse n’est pas présentée comme une décision russe établie.
Les câbles concernés revêtent une importance particulière pour le Svalbard. Deux liaisons en fibre optique relient l’archipel au continent norvégien sur environ 1 400 kilomètres. Elles servent aux communications de l’archipel et au transfert de données issues de la station satellitaire SvalSat. Space Norway qualifie cette infrastructure de connexion essentielle pour la population, les activités scientifiques, les autorités et les opérations liées aux satellites.
Un précédent sur les câbles du Svalbard
La liaison sous-marine a déjà connu un incident. Le 7 janvier 2022, l’un des deux câbles avait subi une défaillance, entraînant une perte temporaire de redondance. Le second câble avait continué à assurer les communications avec le continent, évitant une interruption du service. La redondance avait été rétablie le 18 janvier grâce à une alimentation électrique provisoire, avant la réparation complète du câble en 2023.
Le système repose sur deux câbles séparés de plusieurs kilomètres sur le fond marin afin de limiter le risque qu’un même incident affecte simultanément les deux liaisons. Mis en service en 2004, ils constituent aujourd’hui l’une des principales infrastructures de communication reliant le Svalbard à la Norvège continentale.
Le ministère russe de la Défense n’a pas répondu à la demande de commentaire de Reuters concernant l’opération rapportée.



