Visas Schengen : les pays africains concernés par les futurs changements programmés par l'UE

Près de 50 pays africains devront se conformer à un nouveau régime de visa Schengen si la réforme lancée par Bruxelles aboutit. La Commission européenne a ouvert le 8 septembre une consultation publique sur la révision du Code des visas de court séjour, un texte qui encadre l’entrée de millions de voyageurs non européens chaque année.

Sur les 54 pays du continent africain, seuls deux, les Seychelles et l’île Maurice, figurent sur la liste des pays exemptés de visa Schengen, selon l’annexe II du règlement européen 2018/1806. Les ressortissants des 52 autres pays africains restent donc soumis à l’obligation de visa et directement concernés par la réforme à l’étude, même si aucune mesure ne cible un pays en particulier à ce stade.

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Une hausse tarifaire à l’étude

Une note de la Commission datée du 4 septembre, consultée par l’agence Agence Europe, évoque la piste d’une « surcharge européenne harmonisée » qui viendrait s’ajouter aux 90 euros actuellement demandés à chaque adulte. Ce montant a déjà été relevé de 12 % en 2024, conformément à une clause de révision triennale prévue par le Code des visas.

Bruxelles justifie cette possible hausse par la nécessité de dégager des recettes supplémentaires pour le budget européen, jugeant le tarif actuel « relativement bas comparé à d’autres juridictions ». Aucun montant précis ni date d’application n’a toutefois été fixé.

Un mécanisme de restriction en cas de crise

Le texte en préparation prévoit aussi un nouvel outil permettant à l’Union de limiter la délivrance de visas envers un pays tiers en cas de dégradation grave de sa situation politique ou sécuritaire. Seraient notamment visées les situations de menace hybride, de manipulation de l’information ou d’instrumentalisation des flux migratoires.

Ce mécanisme s’accompagnerait de garanties pour certaines catégories de voyageurs, dont les défenseurs des droits humains, les journalistes indépendants et les dissidents, selon les orientations publiées par la Commission. Le dispositif viserait en priorité les pays jugés insuffisamment coopératifs sur les questions de retour et de réadmission des migrants en situation irrégulière.

Des facilités annoncées pour les voyageurs d’affaires

La réforme prévoit également un allègement des démarches pour certains profils de voyageurs, notamment les professionnels amenés à se déplacer régulièrement dans plusieurs pays membres. La Commission pointe une fragmentation actuelle des procédures, chaque État membre appliquant ses propres exigences documentaires et délais de traitement. Ce volet fait suite à la stratégie européenne sur les visas et la migration présentée en janvier dernier, qui prévoit aussi le passage à un visa Schengen numérique et des titres à validité prolongée pour les voyageurs jugés fiables.

La consultation publique reste ouverte jusqu’au 6 octobre. Plus de 12 millions de demandes de visa Schengen de court séjour ont été déposées en 2025, en hausse de 4,3 % sur un an, selon les derniers chiffres de la Commission européenne. Une proposition législative formelle est attendue au premier trimestre 2027, avant un examen par le Parlement européen et les États membres qui pourrait s’étaler sur plusieurs mois, voire plusieurs années, avant une entrée en vigueur définitive.

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