Le Bénin a officiellement rejoint le Mécanisme de financement mondial pour les femmes, les enfants et les adolescents (GFF) lors d’un lancement organisé à Cotonou début octobre 2026. Le pays devient ainsi le 37e partenaire de cette initiative hébergée par le Groupe de la Banque mondiale.
Ce nouveau partenariat doit permettre de mieux coordonner les financements consacrés à la santé et à la nutrition. Il prévoit aussi l’élaboration d’un dossier d’investissement national destiné à orienter les ressources publiques, extérieures et privées vers les priorités sanitaires définies par le Bénin.
Un financement déjà engagé
Cette adhésion intervient alors que le pays dispose déjà d’un programme soutenu par le GFF et la Banque mondiale. En juin 2026, le Groupe de la Banque mondiale a approuvé le programme ALAFIA I, première phase d’un plan national prévu sur dix ans pour améliorer la santé des femmes, des enfants et des adolescents.
Pour cette première phase, mise en œuvre entre 2026 et 2031, le GFF apporte une subvention de 20 millions de dollars. Ce montant est associé à 150 millions de dollars de l’Association internationale de développement (IDA), dans le cadre d’un programme gouvernemental évalué à 750 millions de dollars.
Le programme doit renforcer l’accès aux services combinant santé, nutrition et développement de la petite enfance. Il couvrira au moins 46 des 77 communes du pays, avec une priorité accordée aux zones présentant les besoins les plus élevés et les difficultés les plus fortes d’accès aux soins primaires.
La mortalité maternelle reste élevée
Les indicateurs sanitaires expliquent l’importance accordée à ce partenariat. Selon le GFF, le Bénin enregistre environ 391 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes. Le retard de croissance touche également une part importante des enfants de moins de cinq ans : son taux est passé de 34 % en 2014 à 36,5 % en 2022.
L’Organisation mondiale de la santé avait déjà fait état d’un ratio de 391 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes au Bénin, en s’appuyant sur les données de l’Enquête démographique et de santé de 2018. Elle rapportait aussi 30 décès néonatals pour 1 000 naissances vivantes.
Le ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin, a déclaré que le partenariat devait soutenir l’élargissement de l’accès à des soins de qualité et le renforcement du système sanitaire. Selon lui, les efforts porteront sur les soins de santé primaires, la santé communautaire, les ressources humaines, les infrastructures et les produits médicaux essentiels. Le GFF, créé en 2015, accompagne désormais 37 pays. Dans le cadre de sa stratégie 2026-2030, l’initiative prévoit d’étendre son réseau à au moins 50 pays partenaires d’ici 2030. Son nouveau cycle d’investissement a été lancé en avril 2026 avec 806 millions de dollars de nouveaux engagements financiers.
