Ce que Zelensky redoute si Washington passait officiellement du côté de Poutine

Quatre ans et huit mois après le début de la guerre, le président ukrainien Volodymyr Zelensky lance un avertissement à Washington. Dimanche 18 octobre 2026, il a déclaré que l’Ukraine ne pourrait pas tenir si les États-Unis prenaient officiellement le parti de la Russie. Il y voit « une tragédie, une erreur historique et une grande tragédie ». Ces propos suivent plusieurs décisions de Donald Trump qui ont allégé la pression sur Moscou et que Kiev critique ouvertement.

Zelensky s’exprimait dans l’émission Meet the Press de la chaîne américaine NBC. « Si les États-Unis prennent officiellement le parti de la Russie, bien sûr, nous ne l’emporterons pas. Nous ne pourrons pas tenir », a-t-il affirmé.

Il ne dit pas pour autant que ce basculement a eu lieu. « Nous voulons lui faire confiance », a-t-il dit à propos de Trump, avant d’ajouter : « J’espère qu’il changera ses décisions, car je pense que ce sont toutes des erreurs ». Interrogé sur le statut d’allié du président américain, il a répondu : « Je l’espère ».

Diesel russe, Starlink, renseignement : les décisions que Kiev conteste

Trump a d’abord assoupli des sanctions visant la Russie. La semaine dernière, il a annoncé un accord avec Vladimir Poutine pour vendre sur le marché mondial des centaines de milliers de tonnes de diesel russe, afin de calmer la hausse des carburants aux États-Unis.

Zelensky rejette cet argument. Selon lui, l’accord n’aura pas « d’influence réelle » sur les prix américains, car ceux-ci montent à cause du blocage du détroit d’Ormuz. Il affirme surtout que cet accord « renforcera Poutine dans sa volonté de nous occuper ».

Le président ukrainien dénonce aussi le bridage de Starlink, qui sert à guider une partie de ses drones. « C’était un message du gouvernement américain », a-t-il assuré. Si Trump levait la restriction, « cela fonctionnera immédiatement comme avant », a-t-il ajouté.

Le partage de renseignement américain a lui aussi été bloqué pendant trois jours lors d’attaques de missiles balistiques, avant d’être rétabli, d’après Zelensky. Des responsables européens et ukrainiens ont indiqué à NBC y voir une pression pour arracher des concessions à Kiev, alors que les négociations de paix sont au point mort. Zelensky affirme avoir été « très honnête » avec Trump, qui l’avait jugé plus difficile à gérer que Poutine.

Sur X, le dirigeant ukrainien a publié le même jour un bilan chiffré : « Depuis que le président américain a annoncé le cessez-le-feu énergétique il y a une semaine, la Russie a délibérément attaqué 76 fois les secteurs ukrainiens de l’énergie, du pétrole et du gaz ».

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