Elwan, lycéen parisien devenu viral, s'impose comme un visage de la mobilisation en France

Il y a trois jours, presque personne ne connaissait son prénom. Elwan, élève au lycée Jacques-Decour dans le IXe arrondissement de Paris, est l’invité de David Pujadas sur LCI ce mercredi 7 octobre 2026, pour un débat sur la mobilisation des lycéens en France. Son nom de famille et son âge restent inconnus du public. Des syndicats d’enseignants appellent à la grève jeudi 8 octobre, et le Premier ministre Sébastien Lecornu a fixé à la fin du mois l’annonce des premières mesures du gouvernement.

Une vidéo vue des millions de fois

Tout commence devant son lycée, face à Vincent Lapierre, vidéaste d’extrême droite. Keffieh au cou, Elwan parle des violences policières, des conditions de cours et des ressources de l’école publique, sur un ton posé. Le dimanche 4 octobre, un compte X reprend l’extrait et la séquence explosé et dépasse la barre des huit millions de vues, tandis que les montages tirés de ses propos totalisent plus de 11 millions de visionnages sur TikTok. Sur les réseaux, des internautes en font des mèmes, certains le voient déjà en futur président.

L’accolade à Jean-Luc Mélenchon

Le mardi 6 octobre, pendant la manifestation parisienne, le lycéen va à la rencontre de Jean-Luc Mélenchon. Il le prend dans ses bras et l’embrasse devant les smartphones, en lui disant : Je suis vraiment très content de vous voir ici monsieur Mélenchon. Le leader de La France insoumise poste la photo sur Instagram avec la mention « Rencontre de tribuns du peuple ! ».

Dans le cortège, Elwan confie son plaisir de voir son image circuler et dit aussi son admiration pour l’ancien candidat : «Je l’adore. C’est celui qui va sauver la France» . Mélenchon, candidat à la présidentielle, recueille 44 % des intentions de vote chez les 18-24 ans. LFI, qui soutient activement la cause lycéenne, s’expose à l’accusation de récupérer le mouvement.

« Donner la parole aux jeunes de banlieue »

Elwan utilise sa notoriété pour réclamer plus de place pour d’autres élèves. Il demande aux médias d’interroger les jeunes de banlieue, ceux qui ont le plus de choses à dire, et reconnaît bénéficier lui-même d’un capital culturel important.

Son établissement a une particularité : Jacques-Decour est le seul lycée de la apitale à porter le nom d’un ancien professeur. Daniel Decourdemanche, qui signait Jacques Decour, était écrivain et germaniste. Il a été exécuté par les Allemands le 30 mai 1942, après avoir été emprisonné à La Santé. La mobilisation lycéenne doit se poursuivre jeudi, avec l’appel à la grève lancé par des syndicats d’enseignants.

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