Le président russe Vladimir Poutine a eu un entretien téléphonique d’environ 90 minutes avec Alexander Stubb et Jonas Gahr Støre, au sujet de la guerre en Ukraine le mardi 27 octobre 2026. Les deux dirigeants européens décrivent un échange « franc ». Toutefois, cette initiative a fait apparaître des fractures au sein du continent.
En effet, ce contact est depuis juillet 2025, le premier de ce niveau depuis que Macron s’est entretenu avec Poutine. Il intervient alors que les Européens sont tenus à l’écart des pourparlers sur la guerre en Ukraine. Des discussions trilatérales entre Ukrainiens, Américains et Russes doivent se tenir en novembre à Abou Dhabi, après un infléchissement de Trump en faveur de Moscou, qui a fait tomber les relations entre Washington et Kiev à leur plus bas depuis dix-huit mois.
Un front européen divisé
L’appel visait à transmettre des messages à Poutine avant ces réunions, et il a été préparé avec Kiev selon la présidence finlandaise. Volodymyr Zelensky affirme avoir été informé et avoir demandé à Poutine des « mesures de désescalade » concrètes. On affirme au Kremlin que Poutine a accusé l’UE et l’OTAN de prolonger la guerre, tout en acceptant de maintenir le contact.
La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, s’est montrée sceptique : « Je suis très sceptique face à cette initiative indépendante de la Norvège et de la Finlande ». Elle ajoute : « Je ne sais sincèrement pas ce qu’ils pensent pouvoir obtenir ainsi. »
Le Premier ministre polonais, Donald Tusk, a appelé Stubb et Støre à être « vigilants » et à avancer avec prudence : « le programme et les intérêts de la Russie sont définis de manière assez précise, et personne ne devrait se faire d’illusions sur la conclusion d’un accord ».
Le premier ministre de la Norvège Jonas Gahr Støre déclare : « Je pense qu’il est important que d’autres voix se fassent entendre aussi ». Les critiques de Copenhague et de Varsovie montrent que cette initiative ne fait pas l’unanimité sur le continent.
