Le Premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou a livré, le 18 octobre 2026 à Jérusalem, une série de déclarations sur la Russie, de la frappe contre Yandex à la coopération avec l’Iran. Lors de la présentation de la doctrine de sécurité nationale d’Israël, il a lancé : « Il y a eu une frappe contre l’entreprise Yandex en Russie. 60 % de l’activité en ligne menée contre nous par des utilisateurs russes a disparu. » Il en a tiré une leçon pour son pays : Israël doit aussi travailler dans cette direction, malgré les limites de son système démocratique, et il commence déjà à agir. Ces propos tombent neuf jours avant les élections israéliennes.
« Parfois, ils se heurtent même »
Interrogé par le Jerusalem Post sur ses relations avec Moscou, Nétanyahou a nommé deux sources de tension. « La coopération de la Russie avec l’Iran va à l’encontre de ses propres intérêts, tout comme l’existence de réseaux de bots qui mènent une campagne contre l’État d’Israël avec l’antisémitisme le plus flagrant qui soit », a-t-il déclaré. Il a assuré que le message passait sans détour : « Nous soulevons toutes ces questions avec eux, et nous le faisons très clairement. »
Il n’a pas pour autant rompu le dialogue. Sur ses échanges avec Vladimir Poutine, il a dit qu’ils parlent « quand c’est nécessaire ». Il a aussi posé la limite de cette relation : « La Russie a ses intérêts, l’État d’Israël a les siens, et ils ne se recoupent pas toujours. Parfois, ils se heurtent même. »
Le dirigeant israélien estime que la Russie partage une inquiétude avec lui : celle d’un Iran doté de l’arme nucléaire. Il l’a justifiée par l’idéologie de Téhéran : « L’Iran défend des vues idéologiques extrêmes sur la conquête du monde, la soumission de tous les musulmans à sa doctrine et l’imposition de cette doctrine à tous les non-croyants. »
Il est allé plus loin en évoquant la situation intérieure russe. « Mon évaluation, et je ne veux pas parler au nom des autres, est que l’Iran chercherait aussi à transformer des éléments de cette population en agents », a-t-il affirmé, en visant la population musulmane de Russie.
Ce que dit l’Ukraine des frappes
Les frappes citées par Nétanyahou ont touché trois centres de données de Yandex, le groupe surnommé le « Google russe », à Sasovo, Kaluga et Vladimir, entre le 8 et le 11 octobre. L’entreprise a reconnu l’arrêt de plusieurs de ses sites. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a présenté ces attaques comme des représailles à des frappes russes sur des centres de données ukrainiens. « Nous répondons toujours de façon symétrique », a-t-il déclaré le 9 octobre. Trois jours plus tard, à Varsovie, il a estimé que les réseaux sociaux étaient devenus plus respirables depuis ces frappes.
