HAKILI Mousso : le Burkina suspend les concours miss puis lance une compétition scientifique pour les filles

Le Burkina Faso a suspendu tous les concours de beauté le 8 juin 2026, puis a lancé en septembre une compétition nationale de sciences réservée aux filles. En effet, quelques mois après la fin des concours miss, la présidence du Faso a décidé d’organiser HAKILI Mousso, un concours qui a réuni 84 bachelières autour des mathématiques, de la physique et de la chimie.

Le communiqué de suspension est signé par la directrice générale de la Culture et des Arts, Noélie Congo Salouka. Il indique que la pause doit permettre de rédiger de nouveaux textes pour mieux encadrer ces événements, dans le respect de l’identité culturelle burkinabè, des valeurs morales et de la dignité humaine. Il précise aussi que aucun concours de beauté ne pourra se tenir tant que la nouvelle réglementation ne sera pas en vigueur. Depuis plusieurs mois, de nombreux Burkinabè reprochaient à ces événements de juger les jeunes femmes sur leur physique plutôt que sur leurs compétences. Les agences de communication, les stylistes, les couturiers, les artistes et les salles de spectacle subissent désormais le contrecoup financier de cette décision.

HAKILI Mousso : quinze lauréates et une ouverture aux garçons envisagée l’an prochain

Les candidates avaient obtenu leur baccalauréat scientifique en 2026 et ne devaient pas dépasser 21 ans. Elles ont passé une semaine d’immersion au Lycée scientifique national de Ouagadougou, puis des épreuves dans les trois matières. Quinze d’entre elles ont été distinguées le 19 septembre, lors d’une cérémonie présidée par le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, qui a présenté le concours comme un moyen de combattre les préjugés qui éloignent les filles des sciences. La représentante des lauréates a résumé l’état d’esprit du groupe : « Ce concours a été pour nous bien plus qu’une compétition. »

Le président Ibrahim Traoré a reçu les lauréates le 21 septembre, rapporte Sidwaya. Il leur a lancé : « Ne vous fixez pas de limites. Vous êtes capables de tout faire. » Selon la présidence, il a rappelé que le concours ne relève pas de la politique du genre importée par les impérialistes, et il a jugé : « Pour moi, cette politique du genre est une politique ségrégationniste, parce que nous sommes tous égaux au Burkina. » Il a ajouté que « le concours pourra l’année prochaine s’ouvrir aux hommes, avec leurs filières également ». En clair, les autorités ont gelé les concours miss en juin et organisé une compétition de sciences en septembre, sans présenter la seconde comme le remplacement des premiers.

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