Les tensions entre le Niger et la France, déjà vives depuis 2023, connaissent un nouvel épisode. Dans un communiqué diffusé le 13 octobre au soir sur la télévision d’État RTN, le ministre nigérien de la Justice, Alio Daouda, dénonce l’expulsion par la France de deux officiers nigériens et de leurs familles. Pour Niamey, il s’agit d’un « acte d’ingratitude grave et inacceptable ». Le ministre affirme : « Les faits sont accablants. » Selon Le Monde, l’un des deux agents expulsés était soupçonné de mener des activités de surveillance visant des opposants aux autorités de Niamey présents sur le sol français. La France n’a pas encore réagi aux déclarations de Niamey.
Les relations entre la France et le Niger se sont tendues après le coup d’État de juillet 2023, qui a renversé le président Mohamed Bazoum. Les autorités nigériennes ont retiré l’immunité diplomatique de l’ambassadeur Sylvain Itté et exigé son expulsion. Niamey a ensuite ordonné le retrait total des troupes françaises stationnées sur son sol après avoir dénoncé plusieurs accords militaires avec Paris. La France a par ailleurs fermé son ambassade à Niamey.
Une mission « suivie et payée » par Paris selon Niamey
Selon le communiqué, l’un des officiers nommé Abdul Razzaak Ibrahim Mousse Toro a été grièvement blessé lors d’une mission à Diffa, le 30 juillet 2014. « Il accomplissait une mission suivie et payée par les Français au moment où il a été blessé », affirme le ministre.
Évacué en France pour être soigné, il « aurait dû recevoir reconnaissance et protection ». Après une obligation de quitter le territoire qu’il a contestée en justice, il a été déclaré « persona non grata » le 16 septembre 2026, avec sa famille, qui disposait de 48 heures pour partir. Il a quitté la France le 19 septembre. Le 25 septembre, le tribunal administratif de Versailles a annulé l’arrêté. « Voilà comment la France remercie ceux qui ont servi à ses côtés. »
Le ministre conclut : « Peut-on chasser un homme blessé, mutilé et rendu inapte au service d’une coopération que l’on a soi-même voulu ordonner et payer ? » Et promet : « Le Niger ne se taira pas. Aucun Nigérien ne sera abandonné. » La France n’a pas encore réagi.

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