Russie : la mort d'une employée d'un institut anti-peste en Sibérie déclenche une quarantaine

Une technicienne de laboratoire de 28 ans, Daria Chipilova, est morte dans la nuit du 2 octobre 2026 à l’hôpital de Chelekhov, dans la région d’Irkoutsk, en Russie. Elle travaillait pour l’Institut anti-peste de la région, qui étudie les pathogènes dangereux en Sibérie et en Extrême-Orient. Selon les autorités sanitaires, elle aurait succombé à une « pneumonie d’étiologie indéterminée »; cependant la possibilité d’une peste pulmonaire circule depuis vendredi. Si elle était confirmée, ce serait le premier cas recensé dans le pays depuis 2016.

Les premières communications officielles sont restées floues. Et pour cause, les responsables régionaux, gouverneur compris, ont évité pendant les 24 premières heures de prononcer le mot « peste ». Un responsable russe, Alexeï Tsydenov, a ensuite écrit sur Telegram que la jeune femme était « probablement morte de la peste ». L’agence sanitaire Rospotrebnadzor a répondu dimanche que la situation épidémiologique de la région était « stable ».

D’après des médias locaux affirment que la technicienne aurait brisé le 25 septembre un tube contenant la bactérie Yersinia pestis, responsable de la peste. Son état se serait brutalement dégradé deux jours plus tard et elle aurait été transportée à Chelekhov. Ces éléments n’ont fait l’objet d’aucune confirmation officielle. Au soir du 4 octobre, aucun diagnostic de peste établi en laboratoire n’a été rendu public.

Rospotrebnadzor indique qu’un « ensemble spécifique de mesures » a été déployé après le décès, sans détailler leur nature. Toutefois, environ 200 personnes ayant pu croiser la victime seraient placées sous surveillance médicale, et plusieurs hôpitaux d’Irkoutsk auraient été fermés pour trois semaines. Des habitants rapportent aussi la distribution de masques dans des crèches et des jardins d’enfants. Les autorités de Baïkalsk ont pour leur part demandé d’éviter Chelekhov à cause de la peste, avant de supprimer ce message quelques heures plus tard.

L’épidémiologiste russe Guennadi Onichtchenko a cherché à calmer les inquiétudes. Il rappelle que les rongeurs et les puces, vecteurs de la maladie, sont déjà entrés en hibernation en Sibérie début octobre. Ces déclarations n’ont pas dissipé la méfiance sur les réseaux sociaux de la région.

La cause exacte de la pneumonie mortelle reste la question sans réponse. La peste pulmonaire est une forme très contagieuse, presque toujours mortelle sans traitement antibiotique rapide, selon l’Organisation mondiale de la santé. Les résultats des analyses menées par Rospotrebnadzor seront déterminants pour confirmer ou écarter cette piste.

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