SpaceX pourrait construire en un an et demi l’équivalent de ce que Google a mis vingt-sept ans à installer, selon une analyse du cabinet SemiAnalysis diffusée début novembre 2026. Le groupe d’Elon Musk bâtit ses centres de données aux États-Unis et viserait environ 13 gigawatts (GW) d’ici la fin de 2027, un volume que le cabinet juge comparable à toute la capacité accumulée par Google entre 1999 et 2026. Ce chiffre reste toutefois une projection et non une capacité en service. Quelques semaines plus tôt, Elon Musk avait fixé lui-même l’ambition en se disant très confiant à l’idée de construire 10 GW en 2027 seulement, des gigawatts qui s’ajouteraient aux 3 GW environ des sites Colossus 1 et Colossus 2, hérités du rachat de xAI en février 2026. Les deux montants expliquent ainsi l’écart entre l’objectif du patron de SpaceX et les 13 GW retenus par les analystes.
Un chantier jugé crédible, mais pas sans obstacles
SemiAnalysis considère l’objectif atteignable, et ses analystes écrivent que « ce serait la plus grande capacité de centres de données jamais construite par une seule entreprise sur cette période, à peu près équivalente à toute la capacité de Google de 1999 à 2026 en seulement un an et demi », avant de conclure qu’« ils pensent désormais que SpaceX pourrait être le constructeur de centres de données le plus rapide au monde, plus encore que ses concurrents chinois ». Ils s’appuient pour cela sur des chiffres précis, puisqu’ils ont repéré plus de 9 GW de capacité potentielle sur différents sites, dont 3,6 GW déjà en construction.
Deux centres de données de Starbase, au Texas, avancent d’ailleurs à un rythme rapide, une vitesse que le cabinet attribue à la production en interne d’une grande partie des équipements grâce à la capacité industrielle de Tesla.
Plusieurs points restent pourtant en suspens. Le cabinet évoque un manque possible de plus de 300 mégawatts en électricité sur Colossus 2, et les permis, les raccordements au réseau ainsi que l’approvisionnement en puces graphiques ne sont pas réglés non plus. La comparaison avec Google demande aussi de la prudence, car le gigawatt mesure la puissance électrique qu’un site peut absorber et non la quantité de calculs qu’il réalise. Alphabet, la maison mère de Google, ne publie de son côté aucune capacité de centres de données en mégawatts, si bien que l’équivalence repose sur la seule estimation du cabinet.
Les deux groupes restent en affaires malgré cette rivalité. Selon un document déposé auprès des autorités boursières le 5 juin, Google verse 920 millions de dollars par mois à SpaceX pour louer environ 110 000 processeurs graphiques de Nvidia, installés dans des centres de données liés à xAI, et le contrat court d’octobre 2026 à juin 2029.
