31,2 % des civils vivant dans les zones de l’Ukraine contrôlées par Kiev répondent aux critères du stress post-traumatique ou de sa forme complexe, selon une enquête nationale rendue publique le 29 septembre 2026. Les résultats ont été publiés dans l’European Journal of Psychotraumatology et reposent sur un échantillon représentatif de la population adulte. Le King’s College de Londres, l’Université de Manchester et le centre berlinois ZOiS ont participé au travail, lancé par le réseau KonKoop de la professeure Gwendolyn Sasse avec un financement du ministère allemand de la Recherche.
Un trouble classique bien plus répandu que sa forme complexe
Le stress post-traumatique classique concerne 25,2 % des participants, tandis que la forme complexe en touche 6,0 %. L’autrice principale, la psychologue clinicienne Emma Facer-Irwin, a donc relevé ce contraste : « Une conclusion nous a particulièrement intéressés : le stress post-traumatique est bien plus fréquent que sa forme complexe dans cet échantillon national représentatif ». Les auteurs en tirent la conclusion suivante : « Nos estimations confirment que le stress post-traumatique est une difficulté courante chez les civils ukrainiens exposés à une guerre active et prolongée ». En outre, le fait de ne pas être en couple est le seul facteur associé spécifiquement à la forme complexe.
La professeure Olga Onuch, de Manchester, a insisté sur la dimension humaine du projet : « Cette étude est le résultat de deux équipes qui ont franchi les frontières entre leurs disciplines et adapté leurs méthodes de recherche à un contexte de guerre. Deux d’entre nous sont ukrainiens, c’était donc non seulement urgent, mais personnel ». Le professeur Kulyk, associé à l’étude, a de son côté replacé ces chiffres dans le cadre des politiques de santé : « Alors que la pression sur le système de santé ukrainien s’accroît et que l’incertitude pèse sur l’aide humanitaire future, connaître la prévalence de ces troubles est essentiel pour planifier à la fois les mesures immédiates et à long terme ».
Les chercheurs reconnaissent toutefois une limite, puisque les données reposent sur des symptômes déclarés par les participants, ce qui peut influencer les réponses. En effet, une étude menée avant le début de la guerre en 2022 auprès de déplacés internes ukrainiens avait déjà relevé un taux de 21 %. L’équipe prévoit désormais d’examiner l’effet de ces traumatismes sur les opinions politiques.
