Le groupe américain de défense Lyntris range désormais le Maroc parmi les pays où il exécute des programmes militaires au profit de forces alliées. Cette mention figure dans son premier rapport trimestriel publié mercredi 4 novembre en tant que société cotée. Le dirigeant Matthew Alty lors de sa présentation aux investisseurs, la détaillé plusieurs programmes conçus aux États-Unis et déployés à l’étranger.
Cette annonce intervient dans un cadre de rapprochement militaire rapide entre Rabat et Washington. Les deux pays ont signé le 16 avril 2026, une feuille de route de coopération en matière de défense couvrant la période 2026-2036. L’exercice African Lion 2026 s’est achevé au printemps, accompagné de la livraison d’un nouveau lot d’hélicoptères Apache américains. Le Royaume a aussi pris part en juin, à un exercice naval conduit par les États-Unis depuis la base de Norfolk, en Virginie.
Une plateforme présentée comme compatible avec les standards alliés
Trois installations pilotes ont été achevées au Maroc selon la présentation de Lyntris. La société met en avant Garda C2. Il s’agit d’un outil de surveillance du domaine maritime qui aide les militaires à préparer leurs missions, à coordonner leurs moyens et à partager les informations utiles aux interventions. La société affirme sur son site, que sa suite de cyberdéfense Garda Cyber est « opérationnellement déployée » et cite les forces armées marocaines parmi ses utilisateurs. Garda C2 est déjà utilisé par la Marine royale marocaine. L’échange de données avec les forces alliées reste soumis à des autorisations de sécurité.
Lyntris explique avoir conçu cette technologie pour répondre aux exigences de sécurité imposées aux partenaires qui souhaitent échanger des informations militaires sensibles avec Washington. Son document S-1, déposé auprès de la SEC le 23 juillet, mentionne ses programmes de défense pour pays alliés au Maroc. Le poids de ces activités reste limité. Près de 15 % du chiffre d’affaires 2025 provenait de clients internationaux situés dans des pays alliés, et aucun programme ne dépasse 7 %.
Le Maroc est présenté par l’OTAN comme un partenaire actif de son voisinage méridional, notamment pour la formation militaire et la coopération régionale. Le Royaume se rapproche donc des standards de l’Alliance, sans en être membre.
