Symposium international de Cotonou sur l’économie maritime et les transports maritimes

36 recommandations pour faire décoller l’économie maritime de l’Omaoc

Le Palais des Congrès de Cotonou a abrité du 28 septembre au 02 octobre 2009,le symposium international sur l’économie maritime et les transports maritimes dans les pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre (Omaoc). Après les différents exposés et communications autour du thème principal  « La politique maritime des pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre », les experts de latrentaine depays présentsà Cotonou ont formulé 36 recommandations à l’endroit des ministres en charge de l’économie maritime dans leur paysrespectif. Ces derniers, au cours de leur session qui s’est tenu le 1er octobre dernier, ont approuvé lesdites recommandations qu’ils entendent mettre en application pour développer le secteur maritime dans le réseau Omaoc.

1- la création d’un Centre africain de recherches et d’études pour la valorisation des transports et le commerce international ;
2- l’organisation de séances d’explication sur la Convention relatives aux nouvelles règles de Rotterdam sur le transport des marchandises effectué totalement ou partiellement par mer afin de permettre à chaque Etat de signer cette Convention en toute connaissance de cause ;
3- la tenue d’un forum d’experts en vue d’entreprendre une étude approfondie de la mise en place d’un armement sous régional. Cette étude sera coordonnée par l’Omaoc et va impliquer  les organes spécialisés de cette Institution que sont : les 3A, l’Ucca, l’Agpaoc et les académies maritimes ainsi que des personnes ressources. Cette étude sur la base des termes de référence à élaborer par le forum des experts. Les termes de référence devront préciser entre autres le diagnostic exhaustif de l’état du transport maritime dans la sous-région, la justification du projet, le mode de gestion de l’armement, le trafic cible (cabotage sous régional et/ou trafic international) et les stratégies de recherche de financement  pour la mise en œuvre du projet. L’étude devra également examiner les possibilités de création de centrales d’achats et de ventes avec la prise d’une option dans les termes du commerce international (vente CAF, achat FOB) pour garantir un taux de remplissage susceptible de rentabiliser la desserte ;
4- la réactivation du mécanisme de négociation des taux de fret entre les armements et les conseils des chargeurs dont le droit de représentativité doit être expressément réaffirmé par une disposition règlementaire ;
5- le suivi et le contrôle des taux de fret  par un comité de veille permanente ;
6- l’organisation conjointe dans les meilleurs délais par l’Omaoc, l’Ucca et l’Agpaoc d’une réunion de concertation à Abidjan ou à Pointe Noire en vue de définir une stratégie et un plan d’action avant la rencontre avec les armements desservant nos ports ;
7- la reprise par le Secrétaire Général de l’Ucca des négociations des taux de fret initialement dévolues aux Conseils des Chargeurs. A ce titre le Secrétaire Général de l’Ucca devra entreprendre, dès la semaine du 05 octobre 2009, des rencontres avec les armements du Nord et tenter de leur expliquer les préoccupations des Etats membres de l’Omaoc sur les augmentations anarchiques des taux de fret et des surcharges portuaires qui déstabilisent les économies des pays de la sous-région. Le Secrétaire Général de l’Ucca devra rendre compte des résultats de ses actions au Secrétaire Général de l’Omaoc.
8- L’implication des opérateurs économiques privés de la sous région dans le financement des investissements portuaires et des activités maritimes, dans le cadre d’un partenariat public-privé ;
9- L’institutionnalisation du Salon de l’Intégration Maritime Africaine (SIMA) tous les deux ans à Cotonou ;
10- L’affirmation de la volonté politique des Etats de la sous-région à contribuer, dans le cadre d’une coopération sous régionale et régionale, au renforcement des structures de formation et de recyclage des cadres du secteur des transports maritimes ;
11- la prise par les Etats de la sous région des mesures appropriées leur permettant de jouir effectivement de leurs droits de trafic ;
12- le paiement par les Etats membres de l’Omaoc de leurs contributions financières aux deux structures régionales de formation en vue de permettre le fonctionnement normal de ces institutions ;
13- la mise en œuvre par les Etats membres de l’Omaoc d’une politique de développement du transport par voies d’eau intérieures ;
14-La mise en place par les Etats d’un cadre juridique en matière d’échanges de données informatisées et de commerce électronique  et le suivi par l’Omaoc des initiatives nationales en la matière ;
15- La mise en place par les Etats d’un cadre juridique impératif sur le transport multimodal. Les Etats pourraient à cet égard s’inspirer de la convention de Genève de 1980 sur le Transport Multimodal International et de la convention Cemac sur le transport multimodal ;
16- Une étude sur l’impact de la création et de l’exploitation des ports secs et plateformes logistiques existants sur la facilitation du passage des marchandises vers les pays sans littoral. En tout état de cause la session des Ministres recommande une étude globale sur le développement des ports secs dans la sous-région et le cas échéant, pour les pays à façade maritime ayant déjà un projet en la matière, une étude conséquente de faisabilité technique, économique, financière, institutionnelle et environnementale  en concertation avec les pays sans littoral concernés ;
17- L’organisation d’un forum d’échanges des expériences sur le partenariat public privé dans les ports de l’Afrique de l’Ouest et du Centre ;
18- La ratification par les Etats Membres de l’Omaoc des conventions pertinentes de l’OMI, du PNUE et d’autres organisations internationales compétentes ;
19- La participation régulière des Etats membres de l’Omaoc aux réunions de l’OMI et d’autres Organisations internationales ;
20- La demande par les Etats membres de l’Omaoc de l’audit volontaire de l’OMI en vue d’évaluer leurs niveaux de conformité avec les conventions pertinentes et les besoins des différents pays en la matière ;
21- Le renforcement des capacités des différentes  Administrations Maritimes par le biais de l’assistance technique de l’OMI pour mettre en application au niveau national les conventions et normes appropriées ;
22-La participation de tous les Etats membres de l’Omaoc à la mise en place du Fonds Maritime Régional en vue du renforcement des capacités et des réglementations maritimes et fluviales des différents Etats aux niveaux national et régional ;
23-La mise en œuvre par les Etats membres de l’Omaoc des conventions de l’OMI sur les navires non conventionnels et les navires opérant uniquement sur des voies fluviales ;
24- La participation active des Etats membres de l’Omaoc aux activités du Mémorandum d’Abuja pour le Contrôle des navires par l’Etat du Port ;
25- La ratification par les Etats membres de l’Omaoc de la Charte Africaine des Transports Maritimes ;
26- Une collaboration et une coopération étroite entre l’Omaoc, la Commission de l’Union Africaine, les agences et organes des Nations Unies notamment l’OMI et l’OIT sur les questions relatives au travail maritime, à la sureté, à la sécurité maritime ainsi qu’à la protection de l’environnement marin ;
27-Le renforcement de la coopération entre l’Omaoc, le Mémorandum d’Abuja et l’OMI sur la mise en œuvre des Conventions, codes et normes de l’OMI ;
28-L’élaboration et le développement conjoint par les Etats membres de l’Omaoc d’une plateforme scientifique technique harmonisée pour la collecte et la dissémination d’informations pour les décideurs politiques et les acteurs du secteur maritime ;
29-la gestion inter-agence des données sécuritaires au niveau régional ;
30- L’élaboration et la mise en œuvre par chaque Etat membre d’un plan national d’urgence et par l’Omaoc d’un plan sous régional intégré de lutte contre la pollution marine ;
31-une gestion rationnelle des ressources marines pour un développement durable de la sous région ;
32-la signature par les Etats membres de l’Omaoc du Mémorandum sur le Réseau Sous Régional des Gardes-côtes de l’Omaoc ;
33-la publication par l’Omaoc d’un document d’information détaillé définissant entre autres le statut, l’organisation et le mécanisme de mise en place du Réseau des Gardes-côtes de l’Omaoc ;
34-La création de services de gardes-côtes au sein des Administrations maritimes nationales, sous la tutelle des ministres en charge de la marine marchande et la participation à la mise en place du Réseau des Garde-côtes de l’Omaoc  pour mieux renforcer la sûreté et la sécurité maritime ainsi que  la protection de l’environnement marin dans la sous région ;
35-La création par l’Omaoc d’une association des Administrations maritimes en vue de renforcer la collaboration entre Etats ;
36-L’accélération de la mise en œuvre du Code ISPS et la mise à jour des Plans de sûreté de leurs différents ports.

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A l’issue de la session, les Ministres ont demandé :
– au Secrétaire Général de l’Omaoc de présenter les conclusions et recommandations du présent symposium à la septième session du Bureau des ministres de l’Omaoc qui aura lieu à Dakar (Sénégal) en vue de leur adoption ;
-Au Ministre béninois en charge des transports maritimes, de l’économie maritime et infrastructures portuaires en liaison avec son homologue sénégalais, Président en exercice de l’Omaoc de mettre sur pied un comité de suivi de la mise en œuvre des recommandations et résolutions du présent symposium.

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