Comment Houngbédji a plongé Yayi

Déjà mis à mal depuis l’éclatement de l’affaire Icc, le président Boni Yayi a encore reçu une charge traumatisante le vendredi 16 juillet dernier. Au cours d’un point de presse qu’il a animé,  le candidat unique de l’Union fait la Nation (Un) Me Adrien Houngbédji  n’a pas mâché ses mots. Pour lui, Yayi a apporté « la caution morale » à cette escroquerie à grande échelle. La  potion  cette fois-ci est trop amère pour Yayi et a du mal à passer dans la gorge.

Vendredi 16 juillet, la cour arrière de l’une des villas de l’Aico en bordure de l’océan Atlantique vit une ambiance inhabituelle. C’est en effet ici siège de sa cellule de communication  que le candidat unique désigné de l’Un monte au créneau pour se prononcer sur l’affaire Icc Services qui défraie la chronique actuellement. La presse se rue sur les lieux, malgré le crachin et l’air glacial. Sous une bâche en face d’un pupitre déposé sur une terrasse, des dizaines de journalistes attendent le conférencier du jour dans une ambiance bon enfant. Mais sous cette apparence d’une mobilisation médiatique réussie, un problème était  à peine dissimulé. La cellule de communication s’inquiétait sur l’absence de certains médias en l’occurrence des chaînes de télévision. Dans les coulisses, les nombreux coups de fil étaient infructueux et les yeux devenaient de plus en plus rouges. « On a pourtant fait toutes les formalités et payé ce qu’on doit payer normalement », s’offusque un de ces agenciers.  L’attente a été longue. Prévu pour 14 heures, il fallait attendre 16 heures 06 minutes pour voir l’arrivée de Me Adrien Houngbédji flanqué du coordonnateur de l’union Antoine Kolawolé Idji et de certains députés comme Eric Houndété, Augustin Ahouanvoébla, de son directeur de cabinet Frédéric Joél Aivo et de certaines personnalités politiques comme Gaston Zossou et Théophile Montcho. Un peu de civilités et voilà Houngbédji planté  le décor. Dans un style un peu subtil, il fait cas du problème.

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« On voulait s’assurer de la présence du plus grand nombre de journalistes », a-t-il dit. Néanmoins, il se montre cohérent et pertinent. D’abord des mots de compassion à l’endroit des populations spoliées puis il expose le vif du sujet (lire sa déclaration aux pages 05 & 12). Après avoir montré comment Icc a échappé à  la légalité, il affirme que cette activité a été protégée par le pouvoir pendant 4 ans. Mieux, Yayi en a donné sa caution morale puisqu’il les a reçus en audience publique. C’est pour quoi, il n’hésitera pas à demander que Yayi paie de sa poche les victimes et qu’il doit être traduit devant la Haute cour de justice pour avoir violé son serment et la constitution. Mais malheureusement cette déclaration ne sera relayée sur le petit écran. On entend parler d’instructions données depuis le haut puis depuis, plus rien.

Marcel Zoumènou

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