USA : la Russie exige le retrait des armes nucléaires déployées en Europe

Moscou réclame le retrait du continent européen de l’ensemble des bombes nucléaires américaines stationnées dans cinq pays membres de l’OTAN. La demande a été formulée le 9 juin par Andreï Belousov, ambassadeur itinérant du ministère russe des Affaires étrangères, lors d’un séminaire du Centre PIR — un centre de recherche russe spécialisé dans les questions de non-prolifération et de sécurité internationale.

Des armes américaines qualifiées de « stratégiques » par Moscou

La position russe repose sur un argument de classification. Belousov a estimé que les bombes déployées en Europe ne peuvent pas être rangées dans la catégorie des armes tactiques : « Compte tenu de la capacité de frapper les principales infrastructures civiles et militaires sur le territoire russe, les armes nucléaires américaines déployées en Europe sont en réalité stratégiques. » Sur cette base, Moscou formule une exigence précise : ces armes doivent être rapatriées aux États-Unis et « toute l’infrastructure pour leur déploiement sur le territoire de l’Europe » doit être démantelée, selon les termes du diplomate.

Un dispositif hérité de la guerre froide, aujourd’hui modernisé

Ce déploiement remonte aux années 1960, période durant laquelle Washington a positionné des bombes B61 sur plusieurs bases alliées dans le cadre du mécanisme de « partage nucléaire » de l’OTAN. Environ 180 engins sont actuellement répartis entre la Belgique, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas et la Turquie, selon les estimations de la Federation of American Scientists. Début 2025, les États-Unis ont confirmé le remplacement de ces bombes par des versions modernisées — les B61-12 — dotées d’une précision accrue. L’autorité de tir reste dans tous les cas l’apanage exclusif de Washington.

Des négociations jugées sans perspective

Sur la question des armes tactiques russes, Belousov a fermement rejeté toute symétrie avec le dispositif américain en Europe : « Si l’on parle des armes nucléaires tactiques russes, c’est un problème. Si l’on parle d’armes nucléaires tactiques déployées sur le territoire de cinq États membres de l’OTAN, c’est une autre question. » Il a conclu que les tentatives d’intégrer ce dossier dans un dialogue de stabilité stratégique « n’ont toujours aucune perspective ». La prochaine conférence d’examen du TNP, prévue en 2026, constituera le prochain cadre multilatéral formel où cette divergence pourra être soulevée officiellement.

Laisser un commentaire