Depuis quelques temps, les journalistes sont de plus en plus dans la ligne de mire d’agresseurs encore tapis dans l’ombre. Tout au moins durant cette année où l’on peut évoquer, hélas, plusieurs cas d’agressions ou brutalités sur des hommes des médias.
D’avril à décembre 2011, on dénombre cinq cas d’agressions ou d’attaques sur des journalistes ou des confrères décédés dans des conditions non encore élucidées. Le premier cas qui s’échappe du lot est le passage à tabac qu’a subi Seidou Choubadé, correspondant région Ouémé /Plateau du journal «Le Nokoué» pendant la crise électorale de la présidentielle de mars dernier. Battu par les éléments des forces de l’ordre en furie, meme avec la présentation d’une carte de presse délivrée par la Haac, aux fins de justifier son titre, la victime n’a pu sortir des sévices qu’ils subissaient. Bien au contraire. Aux dires de certains témoins, ce geste a davantage aggravé sa situation déjà critique. Puis suivra le cas de François Mensah, journaliste à Canal 3 Bénin qui a souffert des coups de ceinturons et de bottes administrés par les sapeurs-pompiers à leur base où, en position de travail, il s’était rendu à la cantine pour se trouver une pitance. Un échange de mots avec la serveuse a attiré la foudre des maîtres des lieux sur le journaliste. Comme si cela ne suffisait pas, dans la même période pratiquement, Pascal Ahouandjinou, journaliste à radio Kpassè de Ouidah a été retrouvé sans vie dans des conditions jamais élucidées. Auparavant Jean-Christophe Houngbo, chroniqueur parlementaire au quotidien «Le Matinal» est passé de vie à trépas, après avoir passé des semaines dans le coma. Les circonstances troublantes de la mort de ces deux confrères sont jusque-là restées mystérieuses. Comme pour rallonger la liste, le week-end dernier, Adrien Atinkptato, directeur de publication du quotidien «Le Potentiel» a été agressé par des personnes non identifiées. A travers un appel par voie de presse, il explique être victime de menaces depuis sa comparution devant la Haute autorité de l’audiovisuelle et de la communication(Haac) le 07 décembre dernier. Une comparution au cours de laquelle il a fourni les preuves d’un article publié sur la mauvaise gestion du dossier Icc Services et Consorts. Pis, il serait devenu «la cible de délinquants qui viennent roder autour de son domicile ou de sa rédaction». Vivement plus de sécurité et de protection pour les professionnels de la plume et du papier.