Hier, les égyptiens ont été convoqués à la deuxième journée de la première présidentielle libre de l’histoire de leur pays. Au total, onze candidats, rien que des hommes, sont en lice.
Les plus en vue sont le candidat des Frères musulmans et l’ancien ministre des affaires étrangères du gouvernement du prédisent déchu. Pour cette deuxième journée, les votants étaient plus nombreux que la première journée. Environs cinquante millions d’égyptiens sont attendus au terme pour choisir un nouveau président voire un nouveau destin pour ce pays d’Afrique du nord dont les populations ont été privées pendant des dizaines d’années, des libertés fondamentales. Ces populations sont, ainsi, en train de faire leur première expérience démocratique. Du coup, c’est un scrutin qui a suscité beaucoup d’engouement au sein de la population, surtout au sein de la jeunesse et de la gent féminine. C’est pour la première fois que le vainqueur n’est pas connu avant les résultats officiels. Cependant, il y a un grand spectre d’abstention qui plane sur ce premier tour de cette présidentielle égyptienne qui s’est déroulé dans les journées du mercredi et d’hier. Et pour cause, les activistes du printemps arabe égyptien qui ont fait partir Moubarak, ont appelé déjà leurs concitoyens à boycotter le scrutin avant même qu’il ne se déroule. En effet, ils se sentent trahis car la majorité des candidats en lice sont des anciens collaborateurs du président déchu. A cela s’ajoutent des cas de fraudes observés lors des élections législatives passées. Mais, il y a pire. Après la révolution, l’Egypte ne s’est pas doté d’une nouvelle constitution. Les différentes composantes politiques n’ont pas réussi à élaborer les nouveaux textes fondamentaux de leur pays. Pour rappel, la commission formée pour le faire, était dissoute par le Conseil Constitutionnel parce qu’il était dominé par les musulmans. Dans cette condition, les populations égyptiennes, les plus avisées doutent déjà la légitimité du nouveau président à venir car, jusque là, ses prérogatives ne sont pas encore connues. Le vote a pris fin hier et les résultats sont attendus pour ce weekend. Pour les médias égyptiens, un second tour est envisageable et si c’est le cas, les deux premiers devront s’affronter aux urnes en juin prochain.
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