Développement des filières agricoles au Bénin : après le coton, bientôt la saga du palmier à huile

En rencontrant les acteurs et protagonistes de la filière palmier à huile, le week dernier, Le ministre de l’agriculture s’est mis dans une dynamique de relance de la filière.

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Mais la guérison de ce secteur demande une action plus réfléchie

Engagement. Samedi 14 juillet 2012. Dans l’un des départements du Sud-Bénin, le ministre de l’agriculture Sabaï Katé, rencontre dans le cadre d’un séminaire sur le palmier à huile, les acteurs de la filière. Il s’agit des coopératives, reconnues sous l’appellation Car, Ucar, des maires et préfets des zones de production. La rencontre a débouché sur un engagement des différents acteurs, longtemps à couteaux-tirés, d’enterrer la hache de guerre et  d’œuvrer pour le rayonnement de l’or rouge.  Et le ministre rassure à son tour ces acteurs du soutien du gouvernement si tant est qu’ils ont décidé de mettre fin aux querelles inter-coopératives et intra-coopératives. Sabaï Katé a annoncé à ses responsables que le pouvoir compte investir le montant d’un milliard de Fcfa dans le Palmier à huile. Et en quelques heures, les problèmes ayant miné pendant plusieurs années une filière, qui a fait à une époque la fierté du Bénin, ont trouvé des solutions. Trop facile! On aurait, en réalité, souhaité que les maux du palmier à huile béninois trouvent de véritables remèdes  avec la tenue de cette séance. Ce dont on pourrait, pourtant, se douter.

Problèmes: En 2006, à son arrivée au pouvoir le président Boni Yayi avait  déclaré que le palmier à huile ferait l’objet d’une grande attention autant que le coton. Il l’a annoncé au moment où le tout nouveau régime du changement investissait 14 milliards dans la filière coton pour son relèvement. Comme action pour matérialiser cette volonté du président Yayi, l’implication d’un expert malaisien. Cet expert qui aurait une bonne connaissance du palmier à huile. Quelques mois après son arrivée, il est reparti du Bénin sans que la filière ne décolle. A l’époque, on avait appris dans les coulisses que le Malaisien avait affirmé avant son départ que «le sol béninois n’est pas propice à la culture du palmier à huile». Argument à prendre avec des pincettes. Pour cause, dans les années 60, le Bénin était premier pays producteur de palmier à huile dans la sous-région. Cela dit, après le départ de l’expert malaisien, les réformes annoncées par le pouvoir n’ont pu être effectives. Les problèmes qu’elle a connus après le désengagement de l’Etat ont persisté. En effet, le retrait de l’Etat de la gestion du palmier à huile a eu pour conséquences l’intervention des coopératives regroupant les producteurs. Les problèmes de confiance et des soupçons de mauvaise gestion ont affecté le bon fonctionnement des coopératives, par ricochet du secteur. Aujourd’hui, on est tenté de dire que la filière palmier à huile n’existe pratiquement plus. Reconversion  de certains producteurs, absence d’usines de transformation, problème de terre, crise de confiance entre acteurs… Le ministre de l’agriculture est, sans doute, déterminé à relancer cette filière. Mais cela doit se faire en réglant de fond en comble les maux qui la minent. Et le mieux serait de régler une fois pour de bon la question du coton qui fait courir actuellement le gouvernement. La solution du palmier à huile n’est pas forcement le milliard. Il pourrait créer plus de problèmes.

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