Les magistrats en grève de 72 heures dès ce mardi

(Le Syntrajab en soutien) L’Assemblée générale extraordinaire de l’Union nationale des magistrats du Bénin de ce vendredi 27 juillet a débouché sur l’adoption de deux résolutions : une motion de protestation et une autre de grève.

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Protestation et grève. C’est la principale décision issue de l’assemblée générale extraordinaire de l’Union nationale des magistrats du Bénin (Unamab) tenue ce vendredi 27 juillet 2012. Le communiqué de presse informant de cette décision du syndicat des magistrats a été lu dans la soirée du même vendredi au palais de justice de Cotonou par le Secrétaire administratif du bureau exécutif national du syndicat, Fagnidé Paul. Selon le communiqué de presse,  les magistrats ont adopté ces deux résolutions de motions de protestation et de grève après avoir examiné les deux points inscrits à l’ordre du jour. Le premier est le compte rendu de l’évolution de la situation du décret n02012-143 du 07 juin 2012 portant frais de justice criminelle, correctionnelle et de police Ce décret  du 07 juin 2012, l’Unamab avait à travers des motions de protestations demandé son retrait. Raison évoquée, le texte leur «méconnait un droit acquis». Le second point concerne l’analyse de la décision du Conseil Extraordinaire des Ministres de ce mercredi 25 juillet 2012. Il s’agit de l’annulation par le gouvernement de la prise de service de Victorien Attolou à la tête de la Fédération béninoise de football. Cette prise de service est la mise en exécution de l’arrêté N°0025/12 du 12 juillet 2012 rendu par la Cour d’Appel de Cotonou. Protestant l’acte du gouvernement, les magistrats pensent qu’il «constitue une violation du principe sacro-saint de séparation des pouvoirs qui reste l’une des caractéristiques essentielles de l’Etat de droit et qui est consacré par l’article 125 de la constitution béninoise du 11 décembre 1990». La réaction de l’Unamab à la décision du gouvernement était redoutée par plusieurs observateurs. Cela au regard de la crise existante entre les deux parties. Et selon le communiqué de presse de l’Unamab, c’est suite au silence constitutif de mépris de la part du gouvernement et plus particulièrement de la ministre de la justice, Marie Elise Gbèdo, vis-à-vis des magistrats sur la crise ouverte depuis un certain temps au sein de la famille judiciaire que l’Unamab décide d’observer « une grève d’avertissement de soixante douze (72) heures pour compter du mardi 31 juillet 2012 à zéro heure au jeudi 02 août 2012 à vingt quatre (24) heures.»

Le soutien du Syntrajab

C’est à travers une déclaration lue à la suite du communiqué de presse de l’Unamab que le Syndicat national des travailleuses et travailleurs des services judiciaires et assimilés du Bénin (Syntrajab) a manifesté son soutien. La déclaration a été lue par Dénis Togodo, secrétaire général du Syntrajab. Ce syndicat fait remarquer que « des tentatives fréquentes de mépris et de domination, en passant par la prise d’un décret provocateur sur les frais de justice criminels, on en arrive maintenant à l’étape de la réduction à néant du pouvoir judiciaire par une désacralisation des décisions judiciaires par voie de décision politique ou administrative.» Les militants du Syntrajab lancent donc un appel solennel à tous les acteurs de la famille judiciaire afin de créer « une immense chaine d’amour et d’organiser une insurrection de la solidarité autour du Syntrajab et de l’Unamab.

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