Le Chef de l’Etat dispose dans son arsenal de soutien politique d’un ramassis de personnages aux humeurs et aux inclinations diverses. Les uns drôles, raffolent de bouffonneries insipides.
Les autres sans fief politique connu s’affichent dans les médias où ils crachent des grossièretés et des insanités. D’autres, plus rustres, se sont spécialisés dans les invectives et les menaces, parfois graves, à des gens qu’ils estampillent comme des « opposants » à leur mentor Boni Yayi. Dans cette catégorie, on peut citer sans se tromper Nazaire Dossa et Lucien Mèdjico. Les deux font le même genre politique : les déclarations teintées de menaces dont certaines devraient normalement interpeler la conscience du Chef de l’Etat qu’ils disent soutenir. Il suffit que le Chef de l’Etat soit un peu chargé par l’opposition ou la société civile ou confronté à des difficultés inhérentes à toute fonction présidentielle pour les voir à l’œuvre. Ils crient haro sur les « opposants » qu’ils traitent avec une indécence inouïe, menacent de mort ou de disparition. Ils mobilisent maladroitement un quarteron de personnes- qui n’ont rien à voir avec leur objectifs politiques- se font rédiger et lisent des discours guerriers infestés de menaces de mort sur des opposants, de promotion de la haine et d’injures qui cachent mal leur carence en éducation. Lucien Mèdjico est le meilleur spécimen de cet acabit. Depuis 2006, on ne compte plus le nombre de conférences de presse et de déclarations qu’il a faites. Souvent au Codiam où il mobilise quelques vieillards cacochymes, quelques femmes ennuyées par l’oisiveté, souvent analphabètes pour venir l’écouter. Avec les « Jeunes Turcs de la république », Lucien Mèdjico joue ainsi sa part du bordel politique. C’est lui qui a menacé de faire disparaître le syndicaliste Pascal Todjinou, c’est encore lui qui a qualifié les leaders politiques de l’Un de vieux inconscients qui ne veulent rien faire que de jeter la psychose dans le pays. C’est encore lui qui revient à la charge la semaine dernière et propose que tous les opposants qui critiquent Yayi ou qui parlent d’insurrection soient simplement pendus. Une fois cela fait, leurs corps seront lestés et jetés dans la mer. Le leader des Jeunes Turcs a aussi dit sa bonne volonté de suivre Yayi dans son expédition carcérale lorsque (comme le disent certains opposants qu’il est le seul à connaître) le Tribunal pénal international(Tpi) viendrait le chercher comme Gbagbo pour le condamner. La gravité des propos tenus devraient normalement amener le Chef de l’Etat, qu’il dit défendre à se désolidariser de lui ou mieux , à le ramener à l’ordre. Laisser ce « fou du roi » continuer à dire de telles gravités, insinue un soutien tacite révélateur de complicité grave.
Le Chef de l’Etat doit chercher à lui faire une reconversion. A lui chercher autre chose à faire que le métier de déblatérer ou de menacer chaque fois les « opposants » du régime. Le faire éviterait qu’on lui colle l’étiquette de complice ou pourquoi pas d’instigateur de ces menaces. A quelques jours du 2è anniversaire de la disparition de Pierre Urbain Dangnivo, de telles déclarations pourraient susciter des interrogations. Depuis que Mèdjico a abandonné son métier de déclarant en douane au port, il s’est mis au service de viles besognes politiques en faisant les déclarations les plus graves. Lucien Mèdjico joue à un jeu dangereux et Yayi doit chercher à l’occuper autrement. Il en gagnerait mieux dans le processus de consensus national qu’il cherche à tout prix.