Interdiction de la vente de l’essence frelatée : les contrebandiers changent de méthode

(Les  prix varient d’une région à une autre) La récente décision du chef de l’Etat, relative à l’interdiction de la vente au Bénin de l’essence frelatée, fait courir les contrebandiers. N’ayant plus la possibilité de transiter par les circuits habituels ils passent au plan B et jouent sur le prix du produit.

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Le chef de l’Etat a relancé depuis quelques jours le débat sur la lutte contre la vente de l’essence de la contrebande. Lors de sa dernière rencontre avec les femmes bénéficiaires du micro-crédit aux plus pauvres, il a franchi le Rubicon en restant ferme et catégorique sur son engagement à en finir avec ce phénomène. Dès les premières heures de cette mesure, les principales artères de la ville de Cotonou et environs sont devenues de plus en plus désertes, les répressions ayant du coup suivies le mot d’ordre du chef. Si la stratégie adoptée par le gouvernement pour ralentir le phénomène est d’arraisonner les bidons d’essence sur les voies fluviales et terrestres sur lesquelles les forces armées sont mobilisées depuis plus de quinze jours, les adeptes du «marché noir», quant à eux, ne manquent pas d’ingéniosité pour contourner la mise en application effective de la mesure, ce qui fait que le prix du produit varie d’une région à une autre à l’intérieur du pays.

Selon des sources proches des contrebandiers, les marchandises une fois à la frontière du Nigéria, sont transportées par le lac Nokoué jusqu’à Cotonou, précisément à Mènontin où se trouve le plus grand embarcadère. D’autres stocks sont transportés par voie terrestre sur l’autoroute Cotonou-Porto-Novo, avec tous les risques y afférents. «Comme ils ont bloqué tous ces circuits, nous prenons par la brousse pour décharger les marchandises dans la ville de Porto Novo», confie un contrebandier. Et c’est pourquoi le carburant est à 450 Fcfa sur le marché de la ville capitale. Par ailleurs ils prennent par les ailes du fleuve Nokoué sur lesquelles le contrôle est beaucoup plus flexible et vont fournir les localités de Zê et Sô Ava où le prix du produit fluctue entre 450 et 500 Fcfa. Selon un vendeur d’essence frelatée sous couvert d’anonymat, le carburant est un peu plus cher à Cotonou (entre 650 et 700 Ffa) à cause des difficultés liées au transport du produit par voie terrestre. Lesquelles difficultés seraient relatives au nouveau dispositif de contrôle mis sur pieds depuis la décision du président de la République.

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