Mosaïque de relents régionalistes

Une histoire de Bénin profond ! Deux faits, peu ordinaires, m’ont interpellé la semaine dernière. Ils se sont déroulés un peu loin du champ politique sur lequel maints béninois focalisent ici leur attention. 

Publicité

A chacun, ils recèlent de velléités régionalistes peu recommandables dans un pays comme le nôtre où la notion de « nation »est encore dans les balbutiements. Le premier s’est passé sur le plateau d’une chaîne de télévision avec un confrère qui s’adonne de temps en temps à des commentaires sur des faits et sujets politiques et sociaux de la nation. La semaine dernière, il nous était revenu avec une apologie de la révision de la constitution. Surfant opportunément sur le scandale de la construction du siège de l’Assemblée Nationale, il  affirme que pour permettre réellement que les vrais présumés auteurs de la prévarication soient jugés par la Haute Cour Justice, il faut réviser la constitution afin de permettre à cette institution, oisive depuis son installation, de juger les vrais prévaricateurs au lieu des lampistes jetés en prison. Il rappellera aussi à profusion les autres points qui appellent à la révision de la constitution. Quand on lui demande quels sont les gages qui existent pour que cette révision ne soit une opportuniste pour perpétuer le règne d’un seul homme, mon commentateur évoque curieusement deux noms : Pascal Irénée Koupaki et Mathurin Koffi Nago. L’un Premier ministre, l’autre Président de l’Assemblée nationale, ils sont tous des garanties humaines à une révision du genre. Le pourquoi ? Le commentateur affirme que ces deux hommes politiques, bien qu’ils soient de la majorité présidentielle et sont très proches du président Boni Yayi, ils n’accepteront jamais une révision opportuniste puisqu’ils veulent tous deux le pouvoir et travaillent pour cela. Le second jour, il est revenu sur le même commentaire. Exposant ainsi  ces deux personnalités comme ceux qui veulent le maroquin de la Marina et ne vont rien lâcher pour prendre le pouvoir. Ce genre de raisonnement me paraît bien tinter de régionalisme surtout qu’il occulte à merveille Abdoulaye Bio Tchané, 3è lors de la dernière élection présidentielle dont on connaît la volonté de briguer la magistrature suprême en 2016. La préoccupation me paraît être soulevée subtilement pour exposer deux potentiels candidats, tous de la région méridionale, comme des ambitieux qui veulent le fauteuil de Yayi alors que d’autres qui ont plus de chance et travaillent pour la même cause sont ignorés ou « cachés » à dessein. Quand à Koupaki et Nago, on les aurait  exposés comme des « assoiffés de pouvoir »  et on n’hésiterait pas à abattre sur eux la machine de la répression et du sabotage national pour les empêcher de prendre le débat. Arrêtons sincèrement ce débat. Au non de l’éthique et de la cohésion nationale.

Le second fait provient du ministère de la fonction publique. La proclamation des résultats du dernier concours de recrutement d’agents au profit du ministère de l’économie et des finances  a révélé les dessous de ce concours. Entre une première liste et une seconde liste affichée, un nom a disparu. Celui d’une jeune dame que des cadres du ministère, tous (excusez moi) du nord  ont remplacé par un des leurs. Son nom, comme beaucoup d’autres, a failli lui causer un grand préjudice. Heureusement qu’elle avait elle aussi ses relations et des bras assez longs sinon son nom allait être substitué par les « bons noms ».  

La lutte actuelle contre la vente de l’essence de la contrebande donne bien l’impression d’une lutte empreinte de régionalisme. Alors qu’on traque et tue des trafiquants et des vendeurs du produit prohibé, alors qu’on arraisonne leurs marchandises, leurs camarades des communes frontalières du Nigéria qui sont dans la zone septentrionale comme les communes de Savè, Tchaourou, Pèrèrè et consorts continuent allègrement leurs activités comme si la république se limite à Cotonou, Porto Novo et ses environs. 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *