Serval, pour nous servir…

Qui a dit que la Françafrique était morte ? En témoigne la dernière intervention française au Mali pour libérer les territoires du Nord aux mains des jihadistes d’Ansare Dine, du Mujao et des terroristes d’Aqmi, la branche africaine d’Al Qaïda.

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Et, pour commenter l’opération militaire menée par son pays, un militant altermondialiste français s’écria : «Serval, pour nous servir»! D’où le titre de cette chronique. Cette opération est-elle juste une main forte prêtée aux Africains, notamment aux Maliens pour restaurer leur intégrité territoriale et récupérer le Nord de leur pays, ou cache-t-elle plutôt d’autres intentions non-déclarées?

La France n’a pas d’amis, elle n’a que des intérêts!

Cette appréciation très utilitariste de la politique étrangère française est souvent alléguée pour rappeler que la patrie de Marianne ne s’engage dans aucune guerre, ni ne vient en aide à aucun pays frère, s’il n’y a pas ses intérêts cardinaux en jeu, dont les principaux sont souvent énergétiques, le pétrole ou l’uranium!

Parfois, c’est tellement criard et tellement visible, ce qui suscite le plus souvent la désapprobation des autres pays occidentaux, jaloux des «entrées» dont dispose l’ancienne métropole pour accéder aux ressources de ses anciennes colonies, tout en entraînant la grogne au sein des populations africaines face à cet interventionnisme français, des fois pour «extraire» un dictateur en difficulté ou lui faire recouvrer son pouvoir menacé ou mis à mal.

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De la polémique à l’unanimité!

En général, les opérations militaires françaises sur le continent africain ne font jamais l’unanimité ; elles sont plutôt sujettes à maintes polémiques.

Mais, pour une fois, pour Serval au Mali, les choses semblent se présenter autrement. En effet, cette opération a été accueillie à bras ouverts, dès les premières heures de son déclenchement, par toute une communauté internationale jusque là impavide et indécise, enfin soulagée que la France ait pris ses responsabilités et s’occupe du cas Malien.

Les Américains, anciens concurrents de la France pour jouer les gendarmes en Afrique, se proposent de soutenir logistiquement l’opération. Les Africains applaudissent et se réjouissent du déclenchement des hostilités, et sont tous miraculeusement prêts à envoyer des troupes de combat, alors qu’il y a quelques semaines, cette perspective paraissait lointaine et l’idée de toute intervention militaire au Mali paraissait impossible à réaliser, «dans l’état actuel des choses» (propos de l’époque). Les Maliens eux-mêmes sont soulagés qu’enfin on se préoccupe de leur sort et qu’il y ait enfin de l’action, après toutes les tergiversations et verbiages de la Cedeao et de l’Onu.

Il n’y a rien sans rien… Sinon,  il y a l’uranium!

Tous les observateurs et analystes semblent oublier qu’il y a une puissante motivation qui doit avoir poussé la France à intervenir au Nord-Mali, c’est-à-dire en plein cœur du Sahel. En effet, du Nord du Mali à celui du Niger, il n’y a qu’un saut de Mirage… Et nul doute que les terroristes d’Aqmi commençaient par porter de lourdes menaces sur les activités d’extraction par Areva du précieux minerai qui permet à la puissance nucléaire française de maintenir son rang mondial : Avec…

…l’uranium nigérien!

N’est-ce pas là le vrai objectif de la guerre menée par la France au Mali ? N’est-ce pas là le vrai rôle dévolu à Serval : sécuriser la production et l’acheminement de l’uranium vers la métropole, tout en protégeant les techniciens français et endiguer tout risque de prise d’otages comme par le passé?

Donc, Serval pour nous servir!

Oui, le militant altermondialiste n’avait pas tort de reconnaître que l’opération militaire de son pays au Mali, Serval, était réellement destinée à le servir, donc à servir la France et ses intérêts, notamment l’approvisionnement régulier en uranium pour faire tourner les centrales nucléaires de l’Hexagone : «Serval, pour nous servir»!

Et l’unanimité se fit!

Serval sert indéniablement les intérêts de la France. Nous n’allons pas tourner autour du pot, ni tergiverser sur cette affirmation.

Quant à l’Amérique d’Obama, elle qui a déjà les ailes de ses faucons (Falcons de l’aviation américaine, Us Air Force) plombées par la poussière et la chaleur du désert afghan, elle se réjouit du fait que quelqu’un veuille bien se dévouer pour aller «botter l’arrière-train» des terroristes d’Al Qaïda au Maghreb et au Sahel, et enrayer leur menace sur la quiétude des citoyens américains, pendant qu’Oncle Sam est déjà si occupé au Moyen-Orient!

Du côté des pays de la Cedeao, ils ont enfin trouvé le commandant pour les amener au combat, depuis le temps qu’ils n’arrivaient pas à s’entendre sur la conduite des opérations ; surtout que ce commandant est puissamment armé et dispose d’une flotte aérienne bien équipée… en bombes et en missiles.

Adieu les négociations, Serval nous a sauvés!

Tel serait le nouveau cri de ralliement à Bamako, et les rebelles du Mlna n’ont pas manqué de lui donner toute son acuité en se ravisant sur leurs prétentions, dès les premiers missiles français sur le Mali.

Serval sert donc les intérêts de tous, entraînant un soutien quasi unanime que même les plus virulents des militants les plus critiques ont du mal à dénoncer. Notre ami altermondialiste n’a plus qu’à reconnaître : « Serval, pour nous servir »… Serval, pour servir la France en tout cas.

Avec cette quasi-unanimité, l’opération militaire française ne risque-t-elle pas de se solder par une grosse déception si elle se révèle incapable de libérer le Nord-Mali, même si l’objectif de servir les intérêts français, avec la sécurisation de l’approvisionnement en uranium, est atteint ? Comme quoi, la France se sent bien chez elle au Nord-Mali, même si le Serval s’accommode mal de ces terres si arides et désertiques.

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