Dans sa marche vers la Marina, Koupaki appelle à «une Nouvelle Conscience»

Un peu plus de deux mois après sa sortie du Gouvernement, l’ancien Premier ministre Pascal Irénée Koupaki a fait, le week-end dernier, au Palais des Congrès de Cotonou, sa première sortie médiatique, à travers une conférence de partage de réflexion pour «une Nouvelle Conscience», en vue de la transformation du Béninois, et pour le bonheur du Bénin. Evénement.

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Un événement. Salle Polyvalente du Palais des Congrès de Cotonou, dans l’après-midi de ce samedi 26 octobre 2013. Conférence de partage de réflexion de l’ancien Premier ministre Pascal Irénée Koupaki. Réflexion contenue dans un livret intitulé «Ce que je crois, une Nouvelle Conscience». Ce partage de réflexion constitue la première activité publique, fortement médiatisée, de Koupaki, dénommée PIK, depuis sa sortie du Gouvernement le 11 août 2013. Grand coup politico-médiatique. Une dizaine de caméras.  Une flopée de journalistes de la Presse écrite. Une salle débordée de personnalités. Ancien Chef d’Etat, anciens et actuels ministres, Professeurs d’université, responsables syndicaux, patrons de Presse, jeunes leaders…

Transformer l’homme béninois

Une réflexion. Trente-cinq minutes d’exposé. Un document de trente-deux pages. Après sept ans et quatre mois passés aux cotés de Boni Yayi, à servir la République, Koupaki s’adonne à une «œuvre citoyenne». Sept ans et quatre mois qui l’on emmené à prendre conscience de la problématique de la transformation de l’homme béninois. Cet homme béninois dont «la Conscience éthique pose problème», «la conscience éthique civique est instable», «la conscience républicaine n’est pas perceptible», «la conscience des exigences de la production est fluctuante», «la conscience du développement économique et social écœure», et  dont «la conscience de l’effort et de l’informel attriste».

Il faut une «rupture dans notre façon de penser, de faire, de vivre ensemble», préconise Koupaki, comme solution pour transformer ces différentes consciences qu’il a décrites. Rupture pour l’avènement d’un homme béninois nouveau. Qui «se mettra  debout pour construire un Bénin meilleur et solidaire, par le travail de qualité, le mérite, la persévérance et le volontariat».

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L’allégorie de la marmite sur le feu

Une image. Extrait du livret bleu sur l’allégorie de la marmite au feu : «Nous avions alors, sous l’autorité du Chef du gouvernement, mis sur un foyer allumé, une marmite avec son couvercle, et cela de façon allégorique. Cette marmite, contenant divers facteurs ou ingrédients, devait, sous l’effet de la chaleur de ce feu, dont l’incandescence est entretenue, porter le contenu de la marmite à ébullition, pour en sortir, au grand bonheur de tout le Peuple, un beau destin pour le Bénin et la prospérité partagée, c’est-à-dire un mieux-être collectif et individuel. J’étais l’un de ceux qui devaient apporter des bûches ou fagots de bois secs, et attiser les flammes.

Mais, la température de l’ébullition n’était pas suffisante pour faire soulever franchement le couvercle et laisser s’échapper ce que le Peuple attend avec impatience. Les résultats attendus de la cuisson sont donc lents à poindre. Mais alors, pourquoi? (…) Ailleurs, on lève les contraintes pour élever l’Homme, l’Être. Quelle est cette marmite qui n’arrive pas à cuisson, malgré le feu avivé? Dans mon imaginaire, j’ai soulevé le couvercle et j’ai découvert que nous avons du plomb dans l’Être, c’est-à-dire des non-valeurs qui empêchent le Béninois de se relever, de se mettre debout, comme l’ordonne expressément notre Hymne national, l’Aube Nouvelle. Nous devons enfin obtempérer, pour rattraper le retard à l’ébullition. (…) Ce qui manque dans la marmite, ou ce qui nous manque, ce ne sont pas vraiment les valeurs, mais bien plus. Ce sont les vertus cardinales, notamment le Courage, la Justice, la Tempérance, la Prudence, la Politesse, la Discipline et l’Amour. De décennie en décennie, nous avons malheureusement développé les individualités, les mesquineries, les jeux troubles, les manipulations, les intrigues, l’indignité, la méfiance, la haine et la défiance, qui altèrent tout liant durable entre les Béninois. (…) Ce qui sortira finalement de la marmite, ce n’est point le beau destin du Bénin et la prospérité partagée, mais l’Être béninois transformé en vertueux, qui sera capable de conduire le beau destin du Bénin nouveau, et la prospérité partagée. Ainsi, nous ne planterons plus dans les ronces. (…) Il nous reste encore une étincelle.»

Compromis politique… sur le chemin de la Marina !

Le «Ce que je crois, une Nouvelle Conscience» de Koupaki, sonne comme un discours de réengagement, mais surtout de compromis politique. L’ancien fonctionnaire de la Bceao explique la situation actuelle du Bénin (sous-développement, pauvreté) par la nature de l’homme béninois. Un peu comme pour dédouaner les différents régimes qui se sont succédé à la tête du pays. Sa «Rupture» pour l’avènement d’une «Nouvelle Conscience», en vue de la «transformation» de «l’Être béninois», ressemble à un «remake» des hypothétiques concepts de  Changement et de Refondation, prônés par Boni Yayi. C’est la logique de la continuité  pour ne pas égratigner. On a dit discours de réengagement, compromis politique et continuité. Réengagement en quoi ? Compromis politique pour quoi ? Continuité vers où ?

Vers le Palais de la Marina ?

Le 13 août 2013, dans son discours de passation de service à son «disciple» Antonin Dossou, ministre Chargé de l’Evaluation des Politiques Publiques et des Programmes de Dénationalisation, Koupaki avait déclaré : «Je pars donc vraiment tranquille, parce que ma charge est allégée, mais surtout en vous laissant dans de très bonnes mains, pour des victoires plus grandes, avec l’espérance que nous nous retrouverons, car tout ce qui monte converge…» Sans doute converger vers la Présidence de la République.

Dans l’opinion publique béninoise, Koupaki est perçu comme le dauphin de Boni Yayi, pour lui succéder en 2016. Le sera-t-il réellement ? Difficile de le dire. Encore que l’histoire politique béninoise enseigne, en tout cas depuis le Renouveau Démocratique, jamais un compromis politique n’a permis au dauphin d’un Président en fin de mandat, de devenir Président à son tour. Le Pouvoir se conquiert. Et s’arrache. Adrien Houngbédji et Bruno Amoussou en savent quelque chose.

Pour le moment, ce qui est certain, ce partage de réflexion du samedi dernier, sonne comme une rentrée politique. Sans déballages.  C’est sans doute un premier pas de l’homme vers ses nouvelles ambitions. Un nouveau premier pas dans sa marche à pas feutrés vers le perron du Palais de la Marina. Ou même le fauteuil présidentiel. Qui sait ? Pour un présidentiable, 2016 n’est pas aussi loin qu’on le pense.

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