Racisme : le festival des chiens enragés

Nous sommes en France. Nous sommes bien au pays des droits de l’Homme. Un titre non usurpé qu’attestent et qu’attesteront toujours des faits hautement méritoires qui jalonnent l’histoire de ce pays. Mais des Français ignorants peuvent ne pas savoir.

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Des petits Français aux petits pieds, étroits d’esprits, ont l’excuse de ne pas connaître l’histoire de leur pays. Les tonneaux vides ont l’art de faire du bruit, beaucoup de bruit. C’est leur destin.

Des petits Français, ignorants de surcroît, ont lancé une piètre campagne raciste contre une Française, Mme Christine Taubira, Ministre de la Justice, Garde des Sceaux. Jusqu’à preuve du contraire, Mme Taubira est Française. Mais elle a le tort d’être originaire de la Guyane. Mais par-dessus tout, elle est affectée de la tare d’être noire. C’est inconcevable, c’est inacceptable dans une certaine France, la France blanche, pure et sans tache qu’un ramassis de vils individus s’ingénient à   décaper au puissant détergent du racisme le plus bête qui soit.

Ces Français petits et ignorants ne savent et ne sauront jamais la contribution des Noirs à la libération de leur pays. Qui leur contera le prix du sang payé par des Noirs pour leur liberté de citoyen français ? Ils vivent, en 2013, dans un pays qu’ils croient tombé du ciel. Un pays qui se serait construit tout seul. Un pays qui se serait fait par l’opération du saint esprit. Pardon, Seigneur, pour tant d’ignorance crasse. S’ils savaient tout le mal qu’ils font !

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La campagne médiocre que les enragés du racisme en France ont lancé contre Christine Taubira cherche à déstabiliser une femme cultivée, brillante et non conformiste. Faut-il le rappeler, cette femme noire a fait voter une loi, aux termes de laquelle il est reconnu en France que la traite négrière est un crime contre l’humanité. L’exploit, c’était de réussir à faire voter une telle loi dans un pays où l’esclavagisme, la traite négrière étaient à peine enseignés dans les écoles.  Et Taubira vint ainsi bousculer cette paix du cœur trafiquée sur le dos de l’histoire. Il n’en faut pas davantage pour qu’elle réveille les vieux démons de l’exclusion radicale et de l’amalgame facile. Comment punir cette empêcheuse de dormir en paix ?

On avait trouvé qu’elle est noire. La couleur de la peau a servi à alimenter bien de théories racistes, à nourrir bien de discriminations imbéciles. Ceux qui ont exploré ce terrain du dédain et du mépris ont eu à manipuler des sentiments et à trafiquer des émotions des tiers autour d’entreprises éphémères. Ce n’est pas la couleur de la peau qui fait ou qui justifie la valeur intrinsèque d’un homme ou d’une femme. Qui s’arrête aux portes de la peau a tout faux. Il n’accèdera jamais aux profondeurs de l’être. Les fleurs, dans la nature, sont de différentes couleurs. La diversité, ici, n’entame pas l’essence commune des fleurs qui fait que la fleur est et reste la fleur.  

Les contempteurs de Christine Taubira, en piètres stratèges qu’ils sont et qu’ils risquent de rester, ont choisi un bien mauvais terrain pour s’offrir le scalp de la Dame de fer et de feu. Le racisme n’a jamais pu prospérer durablement dans la longue marche des hommes à travers l’histoire. C’est un feu de paille que ne savent allumer que des hommes de paille. L’humanité ne peut s’établir sur un facteur aussi léger, aussi inconsistant que la couleur de la peau. Quand on n’est pas un imbécile intégral, on se rend bien vite compte qu’il est illusoire de tenir la peau pour un facteur de classement ou de classification des hommes sur la noble échelle de l’humanité..

Mais le raciste, rendu à l’incapacité de détruire le Noir, au seul argument de la couleur de la peau, s’est alors déterminé à détruire l’homme dans le Noir. Et c’est pour parvenir à ses fins qu’il a décrété que tout Noir est singe. Il faut exclure le Noir de l’espèce humaine. Il faut dénier au Noir toute humanité. Il faut reléguer le Noir au rang de la bête. Peut-être même que dans le crâne brumeux et tortueux de ces racistes nouveaux, le Noir ne vaut pas leur chien ou leur chat de compagnie. Ils trouvent normal de partager leur espace de vie avec ces animaux. Alors qu’ils souhaitent voir le Noir retourner manger des bananes dans la brousse. Voilà tout le sens de la campagne actuelle diligentée par des attardés contre Christine Taubira. A la vérité, il n’y a pas de quoi fouetter un chat : de temps en temps, dans l’histoire des hommes, surgissent des énergumènes qui croient servir l’homme en insultant l’humain. C’est le propre des chiens enragés d’aboyer. Mais passera, en toute sérénité, la caravane de l’humanité triomphante. Le dernier mot lui revient.

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