Cession des graines de coton aux triturateurs : le gouvernement ignore les locaux et négocie avec les étrangers

La campagne cotonnière 2013-2014 traverse toujours ses péripéties. Après les égreneurs, le gouvernement est à couteaux tirés avec les triturateurs. Alors que les graines de coton pourrissent dans les usines d’égrenage, il gèle complètement les négociations  avec eux privant ainsi les sociétés Fludor et Shb – qui produisent de l’huile végétale à partir de ces graines – de disposer de matière première pour tourner.

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Après avoir réussi à rendre l’existence difficile aux égreneurs (surtout ceux de la Sodeco) en les contraignant à l’égrenage à façon, le gouvernement s’est lancé aux trousses  des triturateurs. Il s’agit en fait des sociétés dont l’activité est de produire de l’huile végétale à partir des graines de coton. Le plan du gouvernement est de priver ces sociétés de matière première qu’est la graine de coton. Pour cela, il est resté sourd à tous les appels au dialogue de la part des triturateurs que sont Fludor Bénin et Shb. En effet, ces sociétés ont tenté très tôt d’enclencher les négociations avec le gouvernement par le truchement du Directeur général de la Sonapra Idrissou Bako. Ainsi par lettre N° 326/Fludor-Shb/12-13/Kd/dg portant proposition de prix de cession des graines de coton au titre de la campagne 2013-2014 en date du 18 décembre 2013, ces entreprises se sont adressées au Directeur général de la SONAPRA. Leur lettre restée sans suite, ils l’ont relancé par courrier N° 002/Fludor-Shb/01-14/Kd/Dg portant proposition de réfaction sur la graine livrée à Fludor et Shb pour la campagne 2012-2013 et de prix de cession de celle à livrer pour le compte de la campagne 2013-2014 le même directeur Idrissou Bako mais là aussi, il n’a pas réagi. Pendant ce temps, des tonnes de coton graine d’où sont tirées les graines de coton sont laissés aux intempéries de la nature notamment les pluies diluviennes augmentant le taux d’acidité et d’avarie des graines de coton comme l’année écoulée. Ce qui affecte  négativement le rendement d’huile et entraine d’énormes surconsommations d’intrants de production comme la soude caustique, l’hexane, la terre décolorante… Or une graine de coton dont la qualité s’est largement dégradée ne saurait se vendre au prix déjà excessif pratiqué il y a deux ans, d’autant qu’entre temps, le prix de l’huile sur le marché international et donc le marché local a baissé de plus d’un tiers. Sur ce, et compte tenu du gap à eux causé par les prix élevés de l’année dernière, les triturateurs proposent la cession de la graine de coton à 55F/kg pour encore bénéficier des concours bancaires pour le financement de leur cycle d’exploitation. Mais contre toute attente, ces propositions restent lettre morte du fait que le comité interministériel dirigé par le Ministre Marcel de Souza peine à se réunir sur la question. De sources concordantes, on apprend que les autorités béninoises s’apprêtent à céder les graines de coton à l’extérieur au grand dam des triturateurs locaux. Ce qui constitue en soi une menace aux milliers d’emplois dans ces sociétés déjà asphyxiées par le non reversement de leurs détaxes après les exportations sur le Nigéria et la concurrence déloyale.

 

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