Affaire «Claude Azonwakin » : la Cour constitutionnelle tranche mais…

L’affaire « Claude Azonwakin » a connu enfin son épilogue. Sauf une décision d’une juridiction, la Cour constitutionnelle a tranché. La Cena n’a pas violé les dispositions du code électoral en le maintenant sur la liste. Seulement l’argumentaire de la Cour ne dispense guère de certains questionnements.

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Claude Azonwakin peut dire un ouf de soulagement. Pour les élections législatives prochaines, il sera candidat sur la liste Fcbe dans la 6è circonscription électorale. Ainsi en a décidé la Cour constitutionnelle dans sa décision El 15-002 du 12 mars dernier. Dans cette décision, la Cour affirme  que le maintien de la candidature de Claude Azonwakin sur la liste Fcbe n’est pas une violation du code électoral. Le raisonnement de la Cour consiste à dire que le candidat Azonwakin a notifié aux responsables du Prd son retrait de leur liste bien avant la délivrance du récépissé définitif qui fait foi et qui atteste réellement de l’acceptation officielle et définitive de sa candidature. La Cour parle de « volonté manifeste du candidat de ne figurer que sur la seule liste Fcbe » et apporte comme preuves de cette déclaration, les nombreux courriers adressés par l’intéressé aux responsables de la Cena et du Prd.

Mais c’est aussi la volonté du candidat de se retrouver sur les deux listes. Si Claude Azonwakin s’est retrouvé sur deux listes différentes, c’est de sa volonté. A la recherche d’un bon positionnement, il a certainement pris contact avec les responsables des deux candidats et a dû faire son choix définitif en fonction des promesses de bon positionnement et des chances que lui offre chaque liste. Seulement voilà,  il paraît un peu préoccupants les agissements du sieur Azonwakin. Qu’un candidat puisse négocier et se fait positionner par deux partis politiques diamétralement opposés par leur sensibilité et leur vision des choses est un acte qu’on doit punir sévèrement. Ceci n’est qu’une dernière preuve de l’absence totale de conviction chez les hommes politiques béninois. Dans un pays comme le nôtre où la transhumance est le sport favori des politiciens, le rejet d’une telle candidature portée simultanément par deux partis opposés par tout pourrait bien servir de leçon pour l’avenir et donner une autre tournure à la jurisprudence de la Cour sur la question. Si la décision de la Cour ne pose aucun problème par rapport au droit, elle a néanmoins failli sur le plan de sauvegarde de l’éthique en politique.

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